Compte rendu rapide de notre rencontre avec nos nouveaux élus le 28 mai 2014

Une quinzaine de membres et de sympathisants du collectif  Stopmonop ont été reçus, le mercredi 28 mai, à 18 h 30, à la Mairie du Xe arrondissement, par Dante Bassino, Sylvain Raifaud et Léa Vasa, adjoints (PC et EELV) en charge respectivement du logement, de la démocratie locale et de l’économie sociale et solidaire auprès du maire (tous, en principe, favorables à nos exigences). Était aussi présente l’équipe d’animation du Conseil de quartier Saint Louis / Faubourg du Temple.

Merci aux nouveaux qui nous ont réjoints à cette occasion, en particulière à Pierre d’Altervojo (comptoir bio de l’avenue Parmentier) et à Muriel, architecte habitant la rue du Fbg du Temple.

Un récapitulatif rapide en quelques points :

  • Il a été répété que Rémi Féraud, maire du 10e, est disposé à discuter de l’attribution de la « petite » surface de 177 m2 mais soutient les exigences de Paris Habitat relativement à la grande surface (comme dit dans son courrier du 31 janvier 2014 au collectif : « Il faudra que l’enseigne choisie ait une envergure suffisante pour permettre des recettes financières indispensables à l’équilibre général du projet »).
  • Il a été décidé que Dante Bassino chercherait à rencontrer les responsables du projet Bichat-Faubourg du Temple à Paris Habitat pour explorer les marges de manœuvre concernant la grande surface en prévision – encore avant les vacances – d’une réunion de travail avec le collectif, Paris Habitat et Rémi Féraud et/ou d’une réunion publique avec les habitants du quartier.
  • Pierre s’est proposé pour réaliser une enquête auprès des commerçants du quartier (du côté du 10e comme du 11e) afin de sonder leurs attentes et de recueillir leurs idées sur ce qui pourrait concrètement prendre la place du Monop’ initialement prévu.
  • Camille et Nicolas, de l’équipe d’animation du Conseil de quartier, ont annoncé un point sur ce dossier à la réunion plénière du Conseil prévue pour le 26 juin prochain dans un lieu encore à préciser
  • Pour clore notre vieille pétition papier, nous avons remis à Dante Bassino les 88 signatures recueillies lors de notre rassemblement public du 8 mars.

Quelques infos intéressantes glanées au fil de l’entretien. Nous avons appris :

  • que, dans l’état actuel du projet, sur un coût total d’environ 29 millions d’euros, on demande aux loyers générés par les commerces de couvrir environ 2,5 millions ; les deux commerces amortiraient ainsi leur part de l’investissement initial sur une période de huit ans ;
  • que le plan d’Alexandre Chemetoff & Associés qui, dans l’état actuel (d’après le dossier permis de construire déposé fin 2010), comporte deux commerces, et qui, au moment de l’enquête d’utilité publique réalisée à la Mairie du 10e quelques années auparavant, en comptait trois, en prévoyait initialement quatre, lorsqu’il a été sélectionné par le jury de concours.

Et quelques conclusions à chaud :

  • Notre pétition en ligne (http://chn.ge/1nY0BA9) n’est pas close. Au contraire, il faut en poursuivre et élargir la diffusion plus énergiquement que jamais pour atteindre Anne Hidalgo et Ian Brossat, son adjoint au logement et président de Paris Habitat, qui sont ceux qui décideront réellement.
  • Nous encourageons tous ceux qui nous soutiennent à écrire aussi, directement, à Anne Hidalgo, à Ian Brossat et à Rémi Féraud (Anne.Hidalgo@paris.fr ; Ian.Brossat@paris.fr ; Remi.Feraud@paris.fr), éventuellement aussi à d’autres élus pour demander la fin des logiques d’autofinancement dans le logement social.
  • Il faudra également poursuivre le travail de sensibilisation dans le quartier, par du tractage sur le marché Alibert et en remettant une table à l’angle Bichat-Fbg du Temple pendant quelques heures le ou les samedi et/ou dimanche. Nous cherchons des bonnes volontés pour nous aider avec cette tâche.
  • Il faudra, par ailleurs, essayer de nouer des contacts avec des personnes qui rencontrent les mêmes problèmes que nous dans d’autres arrondissements.
  • Ne perdons pas espoir. La catastrophe électorale de dimanche dernier peut, paradoxalement, jouer en notre faveur, si nous aidons nos élus à comprendre que le seul moyen d’éviter pire encore est de revenir aux fondamentaux de la démocratie et d’écouter les électeurs que nous sommes.

Haut les cœurs !

Vous trouverez, à la page « Documents », deux modèles de lettres-types aux élus, l’un ciblant plus particulièrement Rémi Féraud, maire du 10e arrondissement, l’autre, plus général, à adresser à Anne Hidalgo, à Ian Brossat et à Rémi Féraud (ou, si vous habitez un autre arrondissement que le 10e, à ceux qui vous représentent au Conseil de Paris – vous trouverez leurs noms et leurs coordonnées sur le site Web de votre mairie d’arrondissement ; les habitants du 10e aussi peuvent en adresser une copie à leurs conseillers de Paris de la majorité : Alexandra Cordebard, Bernard Gaudillère, Didier Le Reste, Anne Souyris et Yamina Benguigui ; toutes les adresses mail de nos élus municipaux se forment sur le modèle Prénom.Nom@paris.fr).

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Lancement de notre pétition sur Change.org

Pour mieux préparer notre réunion de concertation avec les responsables du logement et de l’économie sociale et solidaire à la Mairie du 10e arrondissement (72 rue du Faubourg Saint-Martin), le mercredi 28 mai, à 18 h 30, nous avons lancé dimanche soir une pétition sur Change.org sous le titre « Stop Monop’ ! Changez  à Paris la politique du financement du logement social par les rez-de-chaussée ! », adressée à Anne Hidalgo, maire de Paris, à Ian Brossat, adjoint en charge du logement et président de Paris Habitat-OPH, et à Rémi Féraud, maire du 10e arrondissement.

Si vous ne pouvez pas être des nôtres le 28, vous pourrez nous soutenir efficacement en signant la pétition et en la diffusant le plus largement possible autour de vous. Cela ne vous coûtera que 30 secondes et un petit clic, et notre seul espoir de nous faire entendre est de nous montrer nombreux – de retrouver donc sur la nouvelle pétition les plus de 400 signatures recueillies sur papier il y a trois ans « Contre le DailyMonop’ et pour la diversité commerciale ».

Vous trouverez la pétition ici : http://chn.ge/1nY0BA9

Quel que soit le nombre de signatures recueillies le 28 mai, il va sans dire que la pétition continuera et ne sera fermée que le jour où nous aurons gain de cause.

En voici le texte :

Vous êtes parmi les chanceux que la spéculation immobilière n’a pas encore chassés de Paris, mais vous en avez assez de déprimer en voyant autour de vous les petits commerces disparaître l’un après l’autre au profit de la grande distribution, le tissu commercial perdre sa diversité face à l’invasion de boutiques accaparant des rues entières pour une activité unique qui, en général, ne sert pas les besoins des habitants et génère souvent des nuisances. Vous ne comprenez pas pourquoi les politiques laissent faire, voire ménagent des espaces taillés sur mesure pour les Monoprix et compagnie dans leurs résidences dites sociales, plutôt que de donner un coup de pouce dans l’autre sens et de mettre leurs projets immobiliers au service de l’intérêt général de la cave au grenier. Rejoignez-nous. Soutenez notre pétition pour appeler nos édiles à leurs responsabilités et réhumaniser nos quartiers.

Un cas d’école
C’est celui du projet de résidence sociale actuellement en construction à l’angle des rues Bichat et Faubourg du Temple dans le Centre-Est parisien, sur la parcelle jouxtant l’immeuble où Pierre Salvadori a logé les grands déprimés de son film Dans la cour.
La rumeur en courait dans le quartier depuis quarante ans. Le projet définitif a été approuvé par délibération du Conseil de Paris en juin 2006.
Les riverains n’en ont appris le détail que cinq ans plus tard, à la veille des démolitions, sans aucune concertation en amont : cette parcelle qui, à l’époque où la Ville a commencé à l’acheter bout par bout, abritait une cour typiquement parisienne mélangeant habitat et activités artisanales, où l’on dénombrait treizecommerces sur les deux rues (poissonnier, primeur, boucher, traiteur, coiffeur, plombier, cordonnier, auto-école, etc.), va faire place à un immeuble de cinq étages comprenant 90 logements sociaux, une crèche de 66 berceaux, 96 places de parking, un jardin fermé au public et seulement deux surfaces à vocation commerciale, l’une de 430 m2, promise à un Monop’, l’autre, de 177 m2, initialement destinée par le bailleur à un magasin de vêtements dégriffés.

L’annonce de la crèche et des logements sociaux a été unanimement bien accueillie. En revanche, l’attribution des surfaces commerciales a soulevé un tollé. Normal – dans un quartier qui ne comporte aucun équipement socio-culturel de la Ville et où le commerce de proximité – au sens propre du terme : répondant aux besoins des habitants et favorisant le bien vivre ensemble – a quasiment disparu. À la place, notre horizon s’est réduit à une litanie de boutiques de mode bas de gamme – 68 dans le seul segment de la rue du Faubourg du Temple compris entre le boulevard Jules-Ferry et la rue Jules-Verne, surnommé désormais « rue des Rideaux-Fermés » – et de pourvoyeurs de malbouffe industrielle : 23 supérettes et moyennes surfaces de la grande distribution dans un rayon proche, dont plus de la moitié pour le seul groupe Casino, prêtes à nous vendre bientôt les poulets javellisés du GMT.

Ce n’est pas une fatalité
Ce cas n’est pas unique. Confection de gros ou de détail, téléphonie mobile, coiffeurs, ongleries ou même bars branchés, la monoactivité est un fléau qui frappe de plus en plus de quartiers de l’Est parisien. En même temps, le rouleau compresseur de la grande distribution passe partout, au détriment de notre qualité de vie. Dans certains quartiers, la Ville essaie de combattre la dégradation et la disparition des commerces et services de proximité grâce à la SEMAEST (société d’économie mixte d’aménagement de l’Est parisien), qui se porte acquéreur de locaux et y implante des boutiques. Ces programmes sont cependant loin de concerner tous les quartiers frappés par la monoactivité, d’un côté, et le monopole alimentaire de la grande distribution, de l’autre (ils ne s’appliquent pas, par exemple, au Faubourg du Temple), et les résultats sont en tout état de cause mitigés, les commerces implantés contribuant souvent à la « gentrification » des quartiers qu’ils sont censés « préserver ». Les projets immobiliers des bailleurs sociaux permettraient une action plus immédiate, qui pourrait inverser la tendance en faisant d’une pierre trois coups – ce n’est pas qu’un rêve : même en privilégiant, au rez-de-chaussée, le commerce plutôt que les équipements socio-culturels ou les espaces associatifs, il serait toujours possible d’impulser un changement, possible de donner un coup de frein à la spéculation, possible de favoriser des commerces utiles au tissu social et de ménager la transition vers un mode de distribution novateur, conciliant offre de qualité et prix modiques grâce aux circuits courts. Il suffirait de proposer, non pas de grandes surfaces à loyer élevé (pour la facilité des gérants), mais de petites surfaces à loyer modéré (pour le bien-être des habitants), éventuellement même de grandes surfaces à loyer modéré (pour les projets innovants comme le supermarché collaboratif La Louve dans le 18e). Pourtant, partout ou presque où l’intervention publique pourrait jouer ainsi son rôle, nos décideurs abdiquent, laissent faire, accueillent à bras ouverts les enseignes et les gros sous des grands groupes.

Changer la politique des bailleurs sociaux ? Chiche !
Le chantier Bichat-Faubourg du Temple (confié à un autre mastodonte : Bouygues) a démarré depuis trois mois. La livraison de l’immeuble est prévue pour l’automne 2015. Si, face à la mobilisation des habitants, les pouvoirs publics (qui financent tout de même le projet à hauteur de près de 5 millions d’euros de subventions et de plus de 15 millions de garantie d’emprunts pour les logements sociaux) acceptent désormais de discuter de l’enseigne qui emportera le morceau, ils persistent toujours dans leur refus de remettre en question la dimension des surfaces proposées et l’importance des loyers demandés : environ 500 € de loyer annuel par m2, hors taxes et hors charges, pour des locaux livrés brut de béton. Autant dire, des prix inabordables pour toute initiative autre que la grande distribution, déjà en position de quasi-monopole. L’argument est toujours le même : purement financier. Soit, selon les mots de Rémi Féraud, maire du 10e arrondissement :

« Les commerces doivent permettre d’équilibrer le budget du logement social. »

… au risque de jeter de l’huile sur le feu de la spéculation immobilière…

« Il n’y a pas le choix, car c’est le montage financier du projet, et sinon il n’y aura pas de logements sociaux, et il n’y aura pas de crèche. »

… au risque de laisser les occupants des logements sociaux à la porte des commerces qui ne seront pas à la portée de leur bourse ; mais peut-on vraiment parler de logements sociaux, alors que plus des deux tiers relèvent de catégories qui prévoient un plafond de ressources annuelles entre 53.845 et 69.999 € pour un ménage avec deux enfants ?…

« Il faudra que l’enseigne choisie ait une envergure suffisante pour permettre des recettes financières indispensables à l’équilibre général du projet. »

… au risque de voir la même logique d’autofinancement monter dans les étages et remettre en question le caractère social même des bailleurs municipaux, comme c’est déjà le cas des PLS (au plafond de 69.999 €), logements de facto intermédiaires, classés « sociaux » pour mieux remplir les quotas…

En même temps, le même Rémi Féraud reconnaît le problème et donne la clef de la solution de simple bon sens que nous venons d’évoquer : « Je pense comme vous que le prix des commerces pour boucler le montage financier, ce n’est plus la bonne façon d’aborder les choses.Le seul moyen de changer ça, c’est de changer la politique des bailleurs sociaux, c’est-à-dire que la Ville ne donne plus des objectifs de rentabilité aussi importants aux rez-de-chaussée des immeubles. » Étant entendu que « le changement possible ne s’inscrit pas que dans un arrondissement, il s’inscrit dans tout Paris ».

Tope là !

Et la crise ? direz-vous. Vu le coût démesuré des chantiers de réaménagement du centre commercial Beaugrenelle et du Forum des Halles, pour ne rien dire du projet pharaonique de la Tour Triangle, elle semble étrangement sélective…

Il n’y a pas de mixité sociale sans mixité commerciale !
Il n’y a pas de service public là où l’objectif de l’intérêt général est subordonné à celui de la rentabilité économique à courte vue !
Le changement, c’est maintenant ou jamais !

Demandons la fin des logiques d’autofinancement dans le logement social.

Signez notre pétition et, si vous vous sentez concernés par le cas concret de l’angle Bichat-Faubourg du Temple, soutenez-nous en venant nous rejoindre le 28 mai, à 18 h 30, à la Marie du 10e arrondissement (72 rue du Faubourg Saint-Martin), pour en discuter avec nos nouveaux élus.

<Mise à jour du 29 mai : Signez notre pétition, aidez-nous à lui donner la diffusion la plus large possible et écrivez directement aux élus de votre arrondissement au Conseil de Paris pour exiger une révision de la politique de financement du logement social par les rez-de-chaussée. Dans le cas concret de l’angle Bichat-Faubourg du Temple, la rencontre d’une quinzaine de membres et de sympathisants de notre collectif, le 28 mai, avec trois adjoints du maire du 10e arrondissement, en principe favorables à notre cause, n’a fait que confirmer la nécessité d’agir au niveau de l’Hôtel de Ville.>

Le collectif STOPMONOP

Qui sommes-nous ? Pétition papier qui a recueilli dès juin 2011 plus de 400 signatures, campagne de courriers aux élus et rassemblements publics : depuis trois ans, les habitants du quartier Goncourt, réunis aujourd’hui au sein du Collectif STOPMONOP, luttent pour obtenir une révision du projet Bichat-Faubourg du Temple, favorisant en rez-de-chaussée le commerce de proximité, l’artisanat, la vie associative et la culture comme antidote à la monoactivité.

Contact : https://groups.google.com/forum/#!contactowner/stopmonop

Mail de mise à jour envoyé aux signataires de la pétition le 29 mai 2014 :

Bonjour à vous tous, qui avez apporté votre soutien à notre pétition contre les logiques d’autofinancement dans le logement social à Paris.
Une douzaine de membres et de sympathisants du collectif Stopmonop ont été reçus hier, 28 mai, à la Mairie du 10e arrondissement, par Dante Bassino, Sylvain Raifaud et Léa Vasa, adjoints (PC et EELV) en charge respectivement du logement, de la démocratie locale et de l’économie sociale et solidaire. Tous trois sont, en principe, favorables à nos exigences, mais n’ont pas le pouvoir de lever l’obstacle financier auquel se heurte notre lutte contre l’implantation d’un nième supermarché dans un quartier déjà abondamment desservi par la grande distribution : l’utilisation des loyers commerciaux comme variable d’ajustement dans les projets immobiliers des bailleurs sociaux.

Il a été décidé que Dante Bassino chercherait à rencontrer les responsables du projet Bichat-Faubourg du Temple à Paris Habitat pour explorer les marges de manœuvre en prévision d’une réunion de travail avec le collectif et le maire du 10e, Rémi Féraud ; on organiserait dans la foulée – si possible, avant les vacances – une réunion publique avec les habitants du quartier Goncourt afin d’amorcer enfin le processus de concertation proprement dite – ce qui, bien sûr, prendra du temps.
Pendant ce temps, le chantier Bichat Faubourg du Temple avance à grands pas et notre cas n’est pas unique.

Dans tout Paris (comme ailleurs – vos signatures l’attestent – en province et à l’étranger), les pouvoirs publics se mettent au service de la grande distribution plutôt que de nos quartiers minés par la monoactivité commerciale et menacés de gentrification.
Si Anne Hidalgo, maire de Paris, et Ian Brossat, son adjoint au logement, le voulaient, cette situation pourrait changer très vite. Les projets d’immobilier social pourraient et devraient être l’occasion de rompre avec les logiques financières pour impulser un changement et réhumaniser nos quartiers.

Aujourd’hui, au lendemain d’une débâcle électorale sans précédent, due en grande partie à l’abstention de citoyens déçus par des promesses non tenues, rappelons-les à leurs engagements de l’entre-deux-tours des municipales d’il y a deux mois :

« Nous rendrons la vie moins chère grâce aux services publics municipaux, aux halles alimentaires bon marché… »
« Nous soutiendrons les commerces de proximité… »
dans le cadre plus général d’un engagement à « favoriser la diversité commerciale, les commerces de proximité et l’économie sociale et solidaire »


Le moment est mal choisi pour décourager ceux d’entre nous qui essaient encore d’agir pour défendre l’intérêt de tous.
Nous aussi, ne cédons pas à la morosité ambiante. Il est plus important que jamais de poursuivre et d’élargir la diffusion de notre pétition, qui est notre seul moyen de pression. En vous remerciant tous de ce que vous avez fait jusqu’à présent, je vous demande donc de remobiliser vos réseaux.

P.-S. – Si vous vous sentez inspirés, n’hésitez pas à écrire aussi directement aux destinataires de notre pétition :

Anne Hidalgo (Anne.Hidalgo@paris.fr)
Ian Brossat (Ian.Brossat@paris.fr)
Rémi Féraud (Remi.Feraud@paris.fr)

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Mise à jour du 20 septembre 2014

La résistance paie

Certains d’entre vous le savent déjà : les espoirs nés avant les vacances semblent en passe de se réaliser en ce qui concerne le cas concret du projet Bichat-Faubourg du Temple, et même au-delà. Notre action du 25 juillet a été suivi d’un entrefilet dans Le Parisien du 26 et d’un rendez-vous avec Ian Brossat à l’Hôtel de Ville le 28 août (confirmant la demande faite au bailleur de prévoir une partition de la surface de 430 m2 initialement promise à un Monop’ et annonçant, à l’échelle de toute la Ville, le projet d’exclure à l’avenir de la compétence des bailleurs sociaux la gestion des commerces en pied d’immeubles pour la confier à un organisme indépendant tel la SEMAEST). Le 16 septembre, les plans revus de l’immeuble en construction ont été remis au maître d’ouvrage par l’architecte, Alexandre Chemetoff, et le 26, ils seront présentés par le directeur général de Paris Habitat, en présence de Ian Brossat, à des membres du collectif Stopmonop.

Combien de commerces prévoit-on désormais, et de quelles dimensions ? Quelle en sera la disposition ? Quel rôle joueront-ils dans le montage financier de l’ensemble ? Les loyers pourront-ils être modulés de façon à ouvrir ces espaces non seulement au vrai petit commerce de quartier dans toute sa diversité, mais aussi aux acteurs culturels, aux associations, aux projets relevant de l’économie sociale et solidaire ? Notre cas pourra-t-il réellement faire jurisprudence ?

Le 26 septembre, nous connaîtrons la réponse à ces questions et, nous l’espérons, les modalités de la procédure de consultation et de concertation qui devra s’enclencher dans la foulée pour que le gain de cette première bataille prenne tout son sens.

Dans la perspective d’une prochaine grande réunion publique à la mairie du 10e arrondissement (qui nous donnerait l’occasion de remettre notre pétition à ses destinataires), nous vous invitons tous à vous joindre à nous le samedi 27 septembre, à partir de 16 h, à l’angle des rues Bichat et Faubourg du Temple, où nous allons transformer les barrières du chantier en chevalet géant pour enterrer le Monop’ dans la bonne humeur et amorcer en toute liberté la réflexion sur ce que nous voudrions voir en prendre la place. Apportons des marqueurs, des bombes de peinture, des vieux draps, des cartons ou autres supports, au gré de chacun. Écrivons, peignons et dessinons, pour que tous les voient, nos rêves pour l’avenir de notre quartier.

Comme au mois de juillet, nous espérons que la presse aussi sera de la fête.

Plus d’infos sur le blog : https://stopmonop.wordpress.com

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Mise à jour du 30 septembre 2014

Le Monop’ est mort ! Vive Sandro ????

Nous avons désormais la réponse aux questions que nous nous posions dans notre mise à jour du 20 septembre. Le fait qu’il n’y aura dans la résidence HLM en construction à l’angle Bichat-Faubourg du Temple ni Monop’ ni autre moyenne surface est acté ; le bailleur ne reviendra plus là-dessus. Le local de 430 m2 sera découpé, au moins, en trois : de 205, 178 et 60 m2 respectivement, le plus grand des trois pouvant éventuellement être à son tour divisé en deux. Bien sûr, les surfaces de 205 ou de 178 m2 ne seront pas à la portée des petits commerçants que le quartier appelle de ses vœux, et le niveau rédhibitoire du loyer « d’équilibre » sur lequel le bailleur n’entend pas céder – 530 €/m2 annuels HT/HC – ferme d’office ces locaux aux projets associatifs, coopératifs et autres, relevant de l’économie sociale et solidaire. Nous n’avons pas combattu le Monop’ pour accueillir à la place un Sandro ou un Sephora, un Starbucks ou un Pain Quotidien. Force est pourtant de constater que le logement social demeure, pour les bailleurs publics, une simple équation résolue dans l’abstrait, sans tenir compte des hommes et des femmes qui y vivront ni du quartier dans lequel il s’insère. C’est dire l’importance de notre pétition contre les politiques d’autofinancement du logement social – pour notre cas concret et au-delà. La réunion de concertation à laquelle nous pensions remettre la pétition à ses destinataires a été repoussée au printemps 2015. Profitons de ce délai pour soutenir les élus qui nous soutiennent : si chacun de nos 527 signataires pouvait faire signer encore une personne, nous dépasserions les mille et pourrions peser plus encore dans la balance.

Ce n’est pas impossible. Stopmonop commence déjà à faire des petits. On nous a appris hier qu’un collectif se met sur pied dans le 18e pour dire non à un Carrefour de 1700 m2, annoncé au pied d’un projet réalisé en partenariat public-privé dans les anciens locaux de la CPAM entre le bd Ornano et la rue Baudelique. Bonne chance aux Stop-Carrefour qui tiendront une première réunion publique le mercredi 8 octobre, à partir de 20 h, à la Maison des Associations du 18e – 15 passage Ramey ; contact : cafeasso18@riseup.net.

Réunion de concertation avec les élus du 10e le 28 Mai 2014 à 18H30

Dante Bassino, adjoint au maire du 10e arrondissement en charge du Logement, et Léa Vasa, adjointe en charge de l’Économie sociale et solidaire, nous proposent une première réunion de concertation pour discuter de l’idée de remplacer le Monop’ prévu par une première réalisation des « halles alimentaires bon marché » promises par la liste conduite par Rémi Féraud qui a remporté le 30 mars les élections municipales dans le 10e et, plus généralement, pour faire entendre nos desiderata concernant l’affectation des deux surfaces à vocation d’activité ou commerciale prévues au rez-de-chaussée du projet immobilier dont la construction avance à l’angle des rues Bichat et Faubourg du Temple.

Ils nous attendent le mercredi 28 mai, à 18 h 30, à la Mairie (72 rue du Faubourg Saint-Martin).

Ne gaspillons pas cette chance. Soyons nombreux au rendez-vous !

StopMonop

Carte des commerces autour du projet (mai 2013)

Fringues+bouffe.carte

Boutiques de mode (prêt-à-porter, chaussures, accessoires)
de la rue du Faubourg du Temple
entre le carrefour du boulevard Jules Ferry/quai de Jemmapes et la rue Jules-Verne
points BLEUS

31 – Ding2Fring

33 – MayaNana (2015 – bail à céder)

34 – Shoshana (2015 – bail cédé ; repris par un « salon de glaces » ; été 2017 – bail de nouveau à céder)

35 – Elles (2016 – bail à céder ; janvier 2017 – ouverture de Bel Chou’s) ; Juli shoes

36bis – Miss Vivia (2015 – bail à céder ; octobre 2016 – repris par encore un marchand de vêtements)

38 – Lady Coco (2015 – bail cédé à un fast-food asiatique) ; Sister

39 – Paris Stars (2015 – bail cédé à un repreneur à l’identique ; printemps 2017 – bail à céder ; automne 2017 – bail cédé encore à un marchand de vêtements : Kitoko)

41 – Miss One ; Alice Mode ; Bella Lucci (2015 – bail à céder ; printemps 2017 – ouverture d’un primeur ; été 2017 – fin du primeur, on annonce une fromagerie + bar à vins : Paroles de fromage)

42 – Sunny (2015 – bail à céder ; 2016 – bail cédé à un restaurant thaïlandais) ; Boz

46 – OK Taïta

48 – J. Vog ; Lorie

50 – Yaline ; Comptoir W. J. (2015 – bail cédé à encore un marchand de vêtements : Allsizer ; été 2016 – nouveau changement d’enseigne : Urban Vintage) ; Baby Mode (2015 – vide, à louer [25 m2 qui depuis des années déjà ne trouvent pas preneur à 528€/m2/an HT/HC] ; loué septembre 2016 à encore un marchand de vêtements : Stadium) ; Mod’Amour (été 2017 – remplacé par un salon de tatouage)

52 – Cara Kiss ; Lady Fashion (2015 – bail cédé à une épicerie cours des halles) ; Élégance (2017 – bail cédé à un fastfood)

54 – Louisa Mode (2015 – bail cédé à un restaurant italien) ; Samrina chaussures ; Samrina prêt-à-porter

61 – Ange Outlet (2015 – bail cédé à Samrina Homme)

68 – Môka ; Vicky

75 – A Outlet

76 – Urban Color

78 – Groovin

81 – Tendance ; Jules Styl’

82 – Vic Fel

83 – Shoes-Box

84 – Téa

85 – Nina lingerie ; Sanna chaussures

86 – Méli Shop (chaussures)

87 – Étoile

88 – JNT Chaussures

89 – KXN

90 – Miss Lola ; Princesse

93 – Belleville Chaussures (prêt-à-porter)

94 – Loona

95 – Paradis Miss ; Lidiya (2016 – bail à céder)

97 – Magnifique Mode

99 – Soleil Sucré (lingerie) ; Outlet (2016 – bail à céder)

101 – Star

101/103 – Romy

105 – Sports palais (chaussures)

107A – Arc-en-ciel

109 – La boîte à Much’

111 – Chauss’ Mag

113 – Belleville Mode

115 – FROC

« Moyennes » (grandes) surfaces et autres chaînes alimentaires
aux alentours de l’angle Bichat-Faubourg du Temple
points ROUGES

Monoprix, 70 rue du Faubourg du Temple, 75011

Monoprix, 164 rue du Temple, 75003

Monop’, 48 rue de Malte, 75011 (2014 – cédé à Auchan A2Pas)

Monop’, 3 rue de Marseille, 75010

Monop’, 17 boulevard Saint-Martin, 75003 (2015 – cédé à Intermarché)

Monop’, 106 boulevard Richard Lenoir, 75011 (ouvert en 2015 à la place d’ATTICA, librairie spécialisée dans les langues étrangères)

Franprix, 30 rue du Faubourg du Temple, 75011

Franprix, 22 rue Alibert, 75010

Franprix, 2 rue Beaurepaire, 75010

Franprix, 105, avenue Parmentier, 75011

Franprix, 113-115 rue du Faubourg du Temple, 75010

Franprix, 206 rue Saint-Maur, 75010

Franprix, 12 bd Magenta, 75010

Naturalia, 24 rue Beaurepaire, 75010

Naturalia, 108 boulevard Richard Lenoir, 75011

Naturalia, 154 avenue Parmentier, 75010 (ouvert en septembre 2015, à la place du bazar BISMA)

G20, 156 avenue Parmentier, 75010

DIA, 8 rue de la Fontaine au Roi, 75011 (remplacé par un Carrefour-City)

DIA, 160 rue Saint-Maur, 75011

Lidl, 13 boulevard Jules Ferry, 75011 (2015 – fermé ; 2016 – remplacé par un Monop’ !)

Simply Market, 144 rue Saint-Maur, 75011

Bio C’ Bon, 142 rue Saint-Maur, 75011 (ouvert en juin 2015)

Picard, 33 quai de Valmy, 75010

Picard, 24 rue de la Fontaine au Roi, 75011

U express, 64 quai de Jemmapes, 75010

8 à Huit, 125bis avenue Parmentier, 75011 (2015 – devenu Carrefour express)

Le Marché du Faubourg, supérette, 77 rue du Faubourg du Temple, 75010 (été 2016 – changement d’enseigne – remplacé par un « Casino shop »)

Super Market – Cours des halles/Alimentation générale, 65 rue du Faubourg du Temple, 75010

À noter la fermeture, en 2015, de la boulangerie du 44 (été 2017, ouverture d’une franchise « Secrets de Pains ») et du marchand de couleurs du 49 rue du Faubourg du Temple (repris en 2016 par un bazar); s’y ajoute, en 2016, la fermeture du primeur du 38 (remplacé fin janvier 2017 par un café-pâtisserie bobo « sans lactose ») ; et, en plein mois d’août 2017, celle du boucher du 44 (saisi comme la boulangère pour non-paiement de son loyer).

Pétition papier juin 2011

PETITION

 

Contre le « DailyMonop » et pour la diversité commerciale !

 

A l’angle de la rue du Faubourg du Temple et de la rue Bichat, la Ville de Paris et « Paris Habitat » vont réaliser un ensemble comprenant 91 logements sociaux, une crèche et 2 grands locaux commerciaux.

 

« Paris Habitat » compte y implanter un « DailyMonop » de plus de 400 mètres carrés et un magasin de vêtements dégriffés de luxe de plus de 100 mètres carrés.

 

Ces commerces ne répondent pas aux besoins et à l’esprit du quartier.

 

Nous, riverains, dénonçons l’absence de concertation sur la destination de ces locaux commerciaux.

 

Nous demandons donc qu’une concertation soit organisée avec les riverains pour retravailler une redistribution de ces commerces afin de favoriser le commerce de proximité, l’artisanat et la culture.

 

 

Rdv avec Rémi Féraud 23 mai 2013

Rémi Féraud, le 23 mai 2013 (entretien avec huit représentants de notre collectif)

 

Cet immeuble est un projet architectural « phare » pour la ville de Paris, écologique et à environnement durable, avec des panneaux solaires, une partie plantée qui sera visible depuis la rue à travers le porche, etc.

 

Concernant le financement par la location des rez-de-chaussées à ce prix, il n’y a pas le choix, car c’est le montage financier du projet, et sinon il n’y aura pas de logements sociaux, et il n’y aura pas de crèche…

(Pour financer le reste de l’immeuble c’est-à-dire les logements sociaux et la crèche, il faut un loyer important pour le rez-de-chaussée.)

 

Le seul moyen de changer ça, c’est de changer de logique !

Pas seulement pour un seul immeuble, parce que la politique, ça ne se fait pas comme ça, mais c’est de changer la politique des bailleurs sociaux des rez-de-chaussée de la Ville de Paris, c’est-à-dire que la ville ne donne plus des objectifs de rentabilité aussi importants aux rez-de-chaussée des immeubles.

Je ne peux pas répondre à la place d’Anne Hidalgo, ce sont des questions de programme pour la Ville de Paris, qui ne sont pas encore faits…

Je suis d’accord avec vous que c’est dommage, et je pense comme vous que le prix des commerces pour boucler le montage financier, ce n’est plus la bonne façon d’aborder les choses.

Les commerces comme variable d’ajustement, ce n’est plus la bonne solution, car il faut que les bailleurs sociaux participent à cette nécessité commerciale.

S’il y a un changement possible, ce sera parce que la Ville de Paris décide de changer sa politique de « financement par les rez-de-chaussée », et cela ne s’inscrit pas que dans un arrondissement, cela s’inscrit dans tout Paris.

D’une façon générale, je suis favorable à cette évolution et j’en ai déjà parlé avec Anne Hidalgo.

 

Pour vous donner des exemples dans d’autres quartiers du dixième, nous sommes en guerre avec l’autre bailleur, car d’un côté la SEMAEST, société qui appartient à la Ville, rachète des commerces pour favoriser la diversité commerciale, et de l’autre, le bailleur loue ses rez-de-chaussée à des commerces qui favorisent la mono-activité commerciale.

 

Autre exemple : lorsque la rue du Faubourg du Temple à été refaite, nous avions prévu de goudronner pour favoriser les vélos, mais un maximum d’habitants ont fait une pétition pour demander de maintenir les pavés et nous avons obtempéré.

 

En tout cas, je peux vous dire que nous ne sommes pas favorables à l’implantation du Monoprix…

 

Par contre, je ne peux pas vous garantir qu’il n’y aura pas de Monoprix, si le directeur de Paris-Habitat me dit : « mais je ne vous demande pas votre avis Monsieur le Maire ! »

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Logements sociaux + Crêche de 66 berceaux

607 m2 de commerces en RDC divisés en deux locaux:

Loyer pour 177 m2 : 93 800 euros à l’année hors charges et hors taxes, brut de béton

Loyer pour 430 m2 (dont 300 m2 de surface de vente : 208 000 euros à l’année, hors charges, hors taxes, brut de béton