Ça bouge dans le quartier

Place au poids des images.

Des commerçants riverains de la rue du Faubourg du Temple se sont plaints jeudi soir, à la réunion d’information RATP, des panneaux de publicité déroulants qui cachent leurs enseignes et devantures et polluent notre cadre de vie à tous. Dimanche soir, à la veille de la délibération du Conseil de Paris sur la révision du Règlement local de publicité, destinée à terme à tout permettre aux sponsors des JO (et CocaCola ne vaut pas mieux que Monop), des habitants du quartier ont pris l’affaire en mains.

avant :

après :

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après :

D’autres ont fait leurs adieux aux arbres condamnés par les travaux RATP à Belleville, condamnation confirmée jeudi soir :

Comme la même réunion a apporté aussi une preuve de la réelle utilité des mobilisations citoyennes, relayées par les élus, avec la bonne nouvelle de la mécanisation prévue de la station Goncourt (nous aurons en 2022 un escalier mécanique à la montée partant de la salle des billets pour déboucher sur le trottoir de l’avenue Parmentier devant chez Yann Couvreur en direction de l’hôpital ; en même temps, le sens de l’escalier mécanique existant, entre la salle des billets et le premier palier, sera inversé : il deviendra descendant), nous pouvons toujours espérer que d’autres messages aussi seront reçus.

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P.S. – Les panneaux réquisitionnés étaient encore intacts le lundi matin à 9 h. À 15 h, il ne restait plus trace de notre action. Un peu plus haut dans la rue du Faubourg du Temple, en revanche, le panneau déroulant J.-C. Decaux devant le futur chantier de la SIEMP au 97, portait (depuis quand ? impossible de le dire – c’est la réquisition des deux panneaux d’ExterionMedia qui m’a ouvert l’œil) des traces d’une protestation autrement plus violente :

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P.P.S. – Le 16 novembre, la RATP annonçait l’abattage des arbres du Faubourg pour le mercredi 22 ou au cours des jours suivants et promettait d’en informer le Conseil de quartier. Allant aux nouvelles le jour dit, nous avons découvert que les arbres avaient été zigouillés la veille, les dessins déposés au cours du week-end emportés à la décharge avec le bois mort. Ni vus ni connus :

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Rumeurs, burgers, métro

En juillet 2015, nous postions sur ce blog un texte intitulé « Gare aux rumeurs… », mettant en garde contre les bruits alarmistes qui annonçaient un Carrefour à la place du Monop’ débouté à Bichat-Temple. Ces derniers jours, de nouveaux bruits inquiétants ont couru dans le quartier, annonçant l’arrivée d’un Burger King ou d’un Quick dans le grand local de l’immeuble du bailleur social privé Immobilière 3F au 49 rue du Faubourg du Temple/2-4 rue Bichat qui est resté près de dix ans innocupé, rideaux de fer baissés, en raison d’un contentieux. Bruit sans rien de trop invraisemblable, hélas, vu le soutien de la Ville aux tendances spéculatives et gentrificatrices qui livrent le tissu commercial parisien à la mainmise des grands groupes et à l’uniformisation par l’argent. Or, d’après Hélène Duverly, maire-adjointe du 10e arrondissement chargée du Commerce et de l’Artisanat, ces rumeurs sont dépourvues de tout fondement.

Le bailleur a bien remis le local en location il y a quelques mois, mais sans trouver preneur, vu son état de vétuseté et le loyer irréaliste demandé (dans les 600 €/m2/an HT/HC, un loyer qui, d’après les chiffres diffusés récemment par la Ville de Paris, s’approche du médian du boulevard Haussmann). Un restaurant déjà établi dans le 19e aurait manifesté de l’intérêt, mais l’impossibilité d’installer une gaine d’extraction pour la cuisine exclut d’office toute activité de restauration dans le local (y compris les entreprises de restauration rapide comme celles dont les noms ont circulé). Après avoir fait exécuter un minimum de travaux pour accroître l’« attractivité » du local, les 3F seraient, aux dernières nouvelles, en train de revoir le loyer à la baisse. Espérons que la baisse sera assez conséquente pour rendre possible une activité dans l’intérêt de tous les habitants du quartier : par exemple, un projet de papeterie-maison de presse, demandé par pas mal d’habitants lorsque Paris Habitat a lancé un nouvel appel à candidatures pour le local du 43 rue du Faubourg du Temple.

Un autre bruit qui court dans le quartier n’est, malheureusement, que trop fondé. Il émane de Christophe Servat, chargé d’information et de « proximité » à la RATP, et nous l’avons nous-mêmes relayé dans notre dernier post (https://stopmonop.wordpress.com/2017/11/01/deux-questions-dans-lair-du-temps/). Il s’agit de l’abattage de quatre arbres dans le haut de la rue du Faubourg du Temple, d’ores et déjà programmé pour le lundi 20 novembre (ou l’un des jours suivants) simplement pour permettre aux camions et autres engins de manœuvrer plus aisément pendant les quelques jours que demandera l’élargissement de l’actuelle emprise de chantier rue de la Présentation. Nous avons appris aujourd’hui que la RATP tiendra le jeudi 16 novembre, à 18 h 30, dans la Salle des Fêtes de la Mairie du 11e (place Léon Blum), une réunion publique d’information sur ses travaux à Goncourt et à Belleville (voir invitation en page ACTUS). La RATP compte y présenter enfin l’étude qu’elle a réalisée sur la possibilité de mécaniser l’une des sorties de la station Goncourt, desservant l’hôpital Saint-Louis (voir nos posts de janvier et février 2017), mais ce sera l’occasion de poser toutes les questions qui nous préoccupent, y compris celle de l’abattage des arbres et celle des nuisances inséparables de la piétonisation partielle du boulevard de Belleville, programmée par le 11e arrondissement sans aucune consultation des habitants (ou même des élus) du 10e et sans aucune coordination avec le chantier de la RATP à Belleville. Nous vous appelons à venir nombreux faire entendre vos soucis à cette réunion et, en attendant, à écrire aux élus du 11e (joelle.morel@paris.fr, pierre.japhet@paris.fr, francois.vauglin@paris.fr avec copie à lola.lemoine@paris.fr) pour plaider la cause des platanes menacés (les quatre premiers, en comptant du bas, de la rangée qui va de la rue de la Présentation au boulevard de Belleville), afin que ce bruit aussi puisse être au bout du compte démenti.

On pourrait dès maintenant envisager d’organiser, avec le CQ et d’autres acteurs du quartier, une veille active au pied des arbres, à partir du lundi 20 novembre, 6 h du matin, si nous ne sommes pas entendus à la réunion du 16.

En attendant aussi une action en direction des panneaux de pub, une illustration d’une protestation à la portée de chacun sans sortir de chez soi (signalement d’objet abandonné sur le site de la Mairie « Dans Ma Rue ») :

Deux questions dans l’air du temps

Il y a un mois, nous annoncions sur la liste de diffusion du collectif le lancement de la concertation publique sur un plan d’action locale face au défi du changement climatique, le 7 octobre, à l’INSEEC, 27 avenue Claude Vellefaux. La Mairie du 10e présentait l’événement ainsi :

« Le dérèglement climatique est une réalité à laquelle Paris doit désormais s’adapter : sa température moyenne pourrait augmenter de 4 °C dans les prochaines décennies. S’il s’agit d’abord de limiter notre impact sur ce phénomène, par de nouveaux modes de vie, il faut donc également se préparer collectivement à de nouveaux risques, auxquels populations les plus vulnérables sont les plus exposées : les luttes contre l’exclusion et le dérèglement climatique sont donc liées.
À cet effet, la ville adoptera cet automne un nouveau Plan Climat afin d’atteindre le 0 carbone en 2050, ainsi que sa première Stratégie de résilience, pour que la cohésion sociale soit au cœur du changement de société. Pour répondre à ces enjeux, il faudra renforcer la solidarité et l’innovation dans nos quartiers.
Le 10e arrondissement, laboratoire du Paris de demain par sa diversité et son dynamisme, se propose d’être territoire pilote pour expérimenter la mise en place de ces stratégies. Pour répondre à ces enjeux, il faudra renforcer la solidarité et l’innovation dans nos quartiers. »

Depuis le 8 octobre et jusqu’au 30 novembre, les habitants de l’arrondissement peuvent poster leurs propositions sur le site d’« idéation » de Mme Hidalgo : https://idee.paris.fr/climat10. Parmi les idées déjà proposées, beaucoup tournent autour de la végétalisation. D’autres veulent favoriser les circulations douces, réduire la pollution de l’air, interdire la pollution visuelle et énergivore des publicités lumineuses.

Tout cela nous ramène à un sujet que nous avons un peu négligé depuis nos posts de janvier (Tribune libre sur la ligne 11) et février (au sujet des deux projets déposés sur la plate-forme du budget participatif 2017 pour la mécanisation de la station de métro Goncourt et un nouvel aménagement de l’espace public à inventer dans le haut de la rue du Faubourg du Temple). Aucun de ces projets n’est arrivé sur le bulletin de vote du budget participatif en septembre, mais nous avons appris entre-temps, fin juin, à la réunion de restitution de la concertation sur le réaménagement du boulevard de Belleville (voté au budget participatif 2016 par nos voisins du 11e et du 20e), que le boulevard sera bel et bien piétonisé (côté 11e), entre la rue du Faubourg de Temple et la rue de la Fontaine au Roi, avec report de la circulation automobile et de ses nuisances par les axes Vellefaux-Parmentier (sous les fenêtres de l’hôpital Saint-Louis et des écoles Vicq d’Azir et Parmentier) et Faubourg du Temple, le nouveau plan de circulation devant être mis en place sans attendre la fin du chantier de la RATP à Belleville et alors que l’inscription de la nouvelle ligne de bus 20 dans les rues du quartier reste elle aussi à inventer. (Voir le résumé en page Documents : https://stopmonop.files.wordpress.com/2017/07/2017-06-27_-bd-belleville_-rc3a9union-publique-compressed.pdf, notamment p. 13-16 et 28 et, sur la plate-forme « Ensemble préparons le 10e au changement climatique » : https://idee.paris.fr/voir-plus-loin-que-le-bout-de-son-nez.)

Bref : contrairement au principe de solidarité proclamé par ceux qui nous consultent sur le plan climat, nos voisins comptent soigner leur bilan carbone en renvoyant les nuisances chez nous, de même que la France, dans le temps, a voulu délocaliser le désamiantage de l’épave du porte-avions Clemenceau en Inde. Le prétexte de fluidifier la circulation boulevard de la Villette (question qui regarde d’ailleurs au premier chef le 10e et le 19e) paraît plus que discutable au vu des chiffres indiqués dans le document cité ci-dessus, qui attestent que la rue du Faubourg du Temple, où l’on prévoit une augmentation de la circulation de 25 à 45 % (de même que l’avenue Claude Vellefaux, où l’augmentation prévue est de 40 %) est d’ores et déjà plus chargée que le boulevard. Le 27 juin, à la Mairie du 20e arrondissement, les maires du 11e et du 20e avaient promis aux habitants du 10e qui avaient exprimé leurs inquiétudes à cet égard une réunion publique inter-arrondissements (10e-11e-19e-20e) à la rentrée sur l’aménagement du carrefour de Belleville, ce qui aurait peut-être permis d’amorcer une réflexion sérieuse. À ce jour, la réunion promise n’est toujours pas programmée et toutes les relances des habitants et du Conseil de quartier à ce sujet sont restées sans réponse. Conscients du trou d’air créé à la Mairie du 10e par les visées électorales d’Elise Fajgeles (entrée à l’Assemblée du 24 juillet) et de Rémi Féraud (entré au Sénat le 24 septembre), nous espérions que le Conseil d’arrondissement exceptionnel du 18 octobre, entérinant Alexandra Cordebard dans la fonction de maire du 10e et Paul Simondon dans celle d’adjoint chargé des Déplacements et de l’Espace public, ferait bouger le dossier. Malheureusement, il n’en est rien.

La semaine dernière, une rencontre fortuite avec Christophe Servat, chargé par la RATP de l’interface avec les habitants du Faubourg du Temple, a mis la cerise sur le gâteau. Nous avons appris :

1° que la RATP a l’intention d’abattre quatre des sept platanes de la rangée qui va du boulevard à la rue de la Présentation. Le site du Conseil de quartier en rend compte ainsi :

« Il s’agit d’arbres parfaitement sains, les seuls que compte la rue du Faubourg du Temple sur toute sa longueur (si l’on excepte les deux survivants à l’installation, par la RATP toujours, d’une grille d’aération sur la placette au carrefour avec le bd Jules Ferry). Ils ne se trouvent pas sur l’emplacement d’une trémie. Leur suppression a pour seul but de faciliter la manœuvre des engins de chantier pendant les huit jours que prendra l’élargissement de l’emprise actuelle sur le Faubourg du Temple.
Alors que dans le 10e on nous demande de participer à l’« idéation » sur le plan climat, alors que nos voisins du 11e viennent de plébisciter au scrutin du Budget participatif 2017 le projet « Végétalisons le quartier Belleville Saint-Maur », nous trouvons l’abattage de ces arbres incompréhensible et inadmissible.
Nous avons alerté nos collègues du Conseil de quartier Belleville Saint-Maur dans le 11e, grâce à qui Joëlle Morel, maire-adjointe du 11e chargée des Espaces verts, nous a écrit :
“Le cabinet du Maire [du 11e], Pierre Japhet [maire-adjoint du 11e chargé des Transports] et moi-même sommes intervenus auprès de la RATP pour demander que l’entreprise trouve une autre solution pour garer ses engins de travaux publics. Je me renseigne pour avoir des retours et reste à votre disposition.”
Nous demandons au cabinet de notre nouvelle maire Alexandra Cordebard, à Paul Simondon, maire-adjoint chargé des Déplacements et de l’Espace public, et à Sylvain Raifaud, maire-adjoint chargé des Espaces verts, de suivre l’exemple de leurs homologues du 11e.
Les arbres du Faubourg du Temple sont le bien commun de nos deux arrondissements. »

Quatre platanes sur sept, condamnés à disparaître.

 

2° Que, en vertu d’une convention entre la Mairie de Paris et l’agence de publicité ExterionMedia, nous aurons droit à Goncourt, pendant toute la durée du chantier de la ligne 11, à deux panneaux de pub déroulants de 3 m sur 4 m (d’ores et déjà en service, au droit de la rue d’Aix côté 10e et devant le Crédit agricole côté 11e), et sans doute à autant à Belleville, une fois les arbres abattus. La lecture de la convention nous apprend que l’article L581-16 du Code de l’Environnement destine les palissades des chantiers ou à la publicité ou à l’expression libre des citoyens. Un petit détour par Wikipédia explique que « la ville de Paris, avec 2 268 265 habitants (recensement de 2010), devrait disposer de 1 142 m2 d’affichage libre, soit environ 570 panneaux. Cependant, elle ne respecte pas ses obligations réglementaires : la ville recensait seulement 16 panneaux d’expression libre au 2 janvier 2013. Des panneaux municipaux vitrés sont sous clef et réservés à l’affichage associatif, qui est de fait soumis à autorisation. Seules de rares palissades de chantiers sont disponibles pour l’affichage libre, qui est donc quasi inexistant à Paris. » Et si on réquisitionnait les panneaux pour demander à nos élus de cesser enfin le double langage ?

Où la pub nous cache la République – tout un symbole !

Fragments d’un discours interrompu

Événement bienvenu de tous et longuement attendu, l’inauguration de la « halle alimentaire » du 10e arrondissement, portée par la jeune entreprise d’ESS Kelbongoo, a enfin été célébrée jeudi dernier 12 octobre en présence de
– Rémi Féraud, sénateur-maire du 10e arrondissement ;
– Elise Fajgeles, députée de la 5e circonscription et conseillère d’arrondissement ;
– Olivia Polski, maire-adjointe de Paris chargée du Commerce et de l’Artisanat, élue du 14e arrondissement ;
– Antoinette Guhl, maire-adjointe de Paris chargée de l’Économie sociale et solidaire, élue du 20e arrondissement ;
– Didier Le Reste, conseiller de Paris, délégué à la politique de la ville ;
– Paul Simondon, premier adjoint au maire du 10e arrondissement chargé de l’Urbanisme ;
– Hélène Duverly, maire-adjointe du 10e arrondissement chargée du Commerce et de l’Artisanat ;
– Jacques Larouzée, directeur territorial nord-est chez Paris Habitat
… et j’en passe (avec pourtant un coucou, parmi les personnes fondues dans la foule, à Léa Vasa, maire-adjointe elle aussi et l’un de nos premiers interlocuteurs à la mairie du 10e, à Camille Arnodin et Charly Ferret, de l’équipe d’animation du Conseil de quartier Hôpital Saint-Louis / Faubourg du Temple, aux représentants des mobilisations citoyennes dans le 3e [Groupe des 24.000] et le 20e [association Carton rouge] venus fêter l’événement avec nous, et à Dominique Monin de la Librairie Les Nouveautés et Daniel Max de l’association ETM, déjà installés dans d’autres locaux de l’immeuble Bichat-Temple).

La première à prendre la parole était Léa Barbier, co-fondatrice de Kelbongoo, qui a bien voulu nous communiquer son discours pour publication sur ce blog :

Nous inaugurons aujourd’hui la première expérimentation de halle alimentaire parisienne. Kelbongoo a donc aujourd’hui la chance d’incarner l’une des expérimentations. C’est pour nous l’aboutissement de quatre ans de travail intense pour construire ce projet, et il s’agira de notre troisième point de distribution, les deux autres étant situés dans le 20e, au métro Télégraphe et dans le quartier Saint-Blaise, métro Maraîchers.
Cette halle alimentaire est l’aboutissement d’une convergence entre le travail de Kelbongoo, la mobilisation d’un collectif d’habitants du 10e, Stopmonop, qui voulait voir s’installer cette halle alimentaire dans leur quartier, et celles de nombreux élus du 10e qui se sont battus pour la voir naître.
Kelbongoo est une entreprise sociale, dont l’objectif est, d’une part, de démocratiser l’accès à des produits fermiers frais, locaux et de qualité, par des prix à la portée du plus grand nombre, d’autre part, de soutenir les producteurs locaux, à qui nous reversons 77 % du prix de vente. Nous sommes le seul intermédiaire entre producteurs et consommateurs. C’est donc une logique de circuit court mais aussi de commerce équitable.
Kelbongoo se charge de la partie logistique, distribution et communication, notamment du transport, de la préparation des commandes, de la distribution auprès des consommateurs.
Nous venons cet été avec l’équipe de franchir un grand cap, avec l’ouverture d’un entrepôt à Montreuil où se fait la préparation des commandes, afin de pouvoir fournir nos trois points de distribution, dont la halle alimentaire de la rue Bichat.

Les grands objectifs de Kelbongoo :

  • opérer une reconnexion entre milieu rural et milieu urbain, entre producteurs de Picardie et habitants du 20e et du 10e;
  • permettre aux consommateurs de retrouver une vraie traçabilité dans les produits qu’ils achètent, une transparence sur les pratiques de production des producteurs et une transparence sur les prix, sur la répartition des marges et de la valeur ajoutée ;
  • permettre aux gens de se réapproprier leur alimentation et de comprendre l’impact de leur consommation sur l’environnement et la santé ;
  • soutenir une agriculture paysanne, des petites et moyennes exploitations locales qui :
    1) sont créatrices d’emploi en milieu rural

    2) ont des pratiques respectueuses de la terre, des bêtes et des hommes
    3) recherchent le goût et la qualité avant tout pour leurs produits ;
  • permettre à ces producteurs d’accéder aux débouchés urbains tout en conservant un prix rémunérateur et une charge de travail allégée grâce à notre organisation logistique;
  • contribuer à la démocratisation des produits fermiers, en nous implantant dans les quartiers populaires et mixtes de Paris et en mettant en place des partenariats comme celui noué avec le centre social Saint-Blaise pour permettre de subventionner les paniers Kelbongoo de familles adhérentes du centre grâce au financement de l’association Ernest.

Kelbongoo s’inscrit dans le mouvement de l’économie sociale et solidaire. En l’occurrence, l’enjeu est de reconquérir un secteur marchand, celui de l’alimentation, pour s’extraire des objectifs de profit d’une entreprise classique et insuffler des valeurs et objectifs sociaux à ce secteur. Ce secteur est crucial puisqu’il touche à des questions de santé et d’environnement de par son lien à notre alimentation et notre mode de production agricole.
Nous essayons donc de créer une alternative, à notre petite échelle, comme beaucoup d’autres initiatives en circuit court qui se développent partout en France. Une alternative notamment au système agro-alimentaire, qui est un mode de production industrielle qui repose sur la grande distribution. Ce mode de production agricole industrielle, comme nous pouvons aujourd’hui le constater, est destructeur de l’environnement, maltraitant pour les animaux, fait disparaître les savoir-faire artisanaux et place au second rang le goût des produits. Ce système contribue aussi à la disparition des petits et moyens producteurs, par des marges qui les écrasent, comme l’actualité nous l’a rappelé récemment avec la crise du lait et celle de l’élevage.
Nécessité aujourd’hui de repenser nos modes de consommation et de refaire du lien entre les territoires ruraux et urbains, de nous reconnecter avec ceux qui produisent notre alimentation et nous nourrissent, comprendre leurs contraintes, notre interdépendance, encourager un mode de production agricole différent, préserver les terres agricoles.
Pour ce faire, le concept de « halle alimentaire » du 10e a aussi une dimension d’éducation populaire. Une association, Les Tambouilles, a été créée récemment par des consommateurs de Kelbongoo avec pour but de ménager des espaces de rencontre et d’échange autour des thématiques de l’alimentation et de l’agriculture entre personnes issues de milieux sociaux différents et entre producteurs et consommateurs, mais aussi de susciter des interrogations sur notre système agro-alimentaire. Il s’agira pour cette association de mener des activités du type visites de ferme, ateliers de cuisine, débats, etc… en particulier dans le 10e.
Dans le cadre de la halle alimentaire, nous allons dans un premier temps ouvrir notre boutique d’épicerie tous les samedis, dès ce samedi 14, et accueillir les personnes du quartier qui souhaiteraient avoir davantage d’informations sur le projet. Nous avons pour objectif de démarrer la distribution des produits frais dans les semaines qui viennent.

Remerciements

J’aimerais tout d’abord remercier l’ensemble de l’équipe de Kelbongoo, ses 21 salariés, qui permettent au quotidien, chacun dans son métier, de fournir les habitants du 20e en produits frais depuis plus de quatre ans maintenant et qui va fournir aujourd’hui les habitants du 10e. Notre équipe travaille très dur, notamment dans le secteur difficile qu’est la logistique, avec l’ouverture de notre entrepôt cet été, afin, entre autres, de pouvoir fournir cette halle alimentaire.
J’aimerais remercier les consommateurs fidèles qui nous suivent pour certains depuis quatre ans.
J’aimerais remercier les 50 producteurs avec qui nous travaillons et qui nous font confiance, depuis plusieurs années déjà, pour vendre leurs produits et valoriser leur travail et dont plusieurs sont parmi nous aujourd’hui.
J’aimerais remercier la Mairie de Paris qui a prévu de nous verser une subvention en décembre dans le cadre du budget participatif et qui a financé Paris Habitat pour réaliser les travaux de ce local dans le cadre de l’expérimentation de la halle alimentaire. Je m’excuse d’avance de ne pas pouvoir citer toutes les personnes qui nous ont soutenu pour la réalisation de ce projet, mais j’aimerais en particulier remercier Rémi Féraud, maire du 10e, Didier Le Reste, élu PCF-Front de Gauche du 10e ainsi que sa collaboratrice Juliette Ryan, qui nous ont soutenu depuis le début pour la réalisation de ce projet, ainsi que les élus EELV du 10e.
J’aimerais remercier le collectif Stopmonop et en particulier Erika Abrams, qui se sont battus contre l’installation d’un Monoprix dans ces locaux depuis 5 ans et qui ont déposé le projet de halle alimentaire avec succès au budget participatif de 2016, nous permettant d’obtenir les fonds qui vont nous être versés.
Enfin, j’aimerais remercier Paris Habitat pour la réalisation des beaux travaux dont nous voyons le résultat aujourd’hui.

Contrairement aux usages protocolaires, Léa m’a ensuite passé le micro pour que je dise, au nom du collectif, un mot au sujet de la mobilisation citoyenne qui a abouti à l’installation d’une « halle alimentaire » à la place du DailyMonop’ initialement prévu à l’angle Bichat-Temple et qu’on nous présentait encore en 2013 comme un projet bouclé sur lequel il n’était pas question de revenir. Le discours, improvisé, a été interrompu à mi-parcours par Rémi Féraud, qui m’a accusée de vouloir transformer l’inauguration en « meeting politique ». J’en consigne ici les bribes. Bribes d’abord de ce qui a pu être dit :

L’histoire de notre combat ne peut pas se raconter en deux mots ou en deux minutes. Je me bornerai donc à en marquer quelques jalons, en commençant par où Léa a terminé : les remerciements.
Un grand merci d’abord à Amélie Ragueneau, Sonia Duhalde, Lucy Amado et les commerçants du quartier qui ont lancé, en mai 2011 (il y a six ans et demi) une première pétition papier « Contre le DailyMonop’ et pour la diversité commerciale ». Sans leur initiative, nous ne serions pas là ce soir. Mais aussi sans le long chemin, pas toujours facile, qui a suivi, avec
– encore trois pétitions (la dernière en date lancée le 15 juillet dernier)
– trois questions de pré-Conseil posées en Conseil d’arrondissement du 10e
plusieurs plénières du Conseil de quartier Saint-Louis / Faubourg du Temple
– des sondages, des tractages, des affichages et des rassemblements à l’angle Bichat-Temple
– des échanges avec les élus (non sans frictions, malgré le beau consensus qu’exprime cette cérémonie)
– et enfin un appel à candidatures, lancé conjointement par la Mairie et le bailleur, en tenant compte de la consultation des habitants et en incluant des habitants dans le jury (procédure qui aura encore un épilogue dans les prochains jours pour l’attribution du lot n° 1 suite au désistement du candidat retenu en 2015).
À remercier aussi, ceux qui ont été nos principaux interlocuteurs pour faire lever les blocages successifs :
– Léa Vasa, Sylvain Raifaud et Dante Bassino, trois jeunes maires-adjoints du10e
– Ian Brossat à l’Hôtel de Ville
– Stéphane Bettiol chez Paris Habitat
– enfin Didier Le Reste et les élus PC qui ont pris la relève depuis le vote de la délibération « Les Quatre Saisons Solidaires » en Conseil de Paris en juillet 2016.
À l’antipode de toute la logique de la grande distribution, la « halle alimentaire » portée par Kelbongoo représente notre victoire la plus emblématique. Mais notre combat ne s’arrête pas là et s’insère dans un contexte plus vaste :
1° plus vaste en ce sens que les Parisiens, des quartiers populaires ou « en transition » vers une gentrification subie, sont de plus en plus nombreux à se regrouper et, prenant au mot ceux qui leur parlent de « démocratie participative » et de « co-construction », à revendiquer – pour des raisons qui ne sont pas étroitement égoïstes, mais de principe – une part concrète aux décisions concernant leur cadre de vie (au-delà des premiers pas timides du budget participatif, dont les participants ont souvent l’impression d’être bien plutôt dépossédés de leurs « idées » qu’intégrés au processus décisionnel) ; de plus en plus nombreux à s’opposer à la mainmise de la grande distribution sur le tissu commercial parisien, aux logiques spéculatives qui la sous-tendent et s’expriment, par ailleurs, à travers la privatisation croissante de l’espace et des équipements publics.

C’est au milieu de l’évocation de quelques autres mobilisations citoyennes dont la lutte rejoint la nôtre (le collectif Ramponeau, pour la sauvegarde de l’artisanat à Belleville ; l’association Carton Rouge, contre le Carrefour de 1950 m2 annoncé au 94 avenue Gambetta et l’opération financière qui a permis à la multinationale de l’agro-alimentaire Cargill d’encaisser une plus value de 50 millions aux dépens des contribuables ; le groupe des 24.000, opposé à l’opération spéculative de la banque d’investissement Blackstone créant dans le 3e arrondissement 24.000 m2 de bureaux inutiles aux dépens du logement social ; le collectif Maison de l’Air, opposé à la privatisation du pavillon en haut du parc de Belleville au bénéfice d’un bar branché ; les deux péniches culturelles du bassin de la Villette, chassées au profit d’un Carrefour flottant et d’une antenne de la grande surface culturelle qu’est la Bellevilloise sous prétexte de rentabilité ; les défenseurs des terres agricoles du Triangle de Gonesse, etc. – voir la page Pétition de ce blog) que les politiques ont perdu patience et que Rémi Féraud m’a assez brutalement coupé la parole, malgré les sympathies manifestes de la salle. Suivent donc les bribes de ce qui n’a pas pu être dit :

2° plus vaste, le contexte l’est aussi par les visées de notre action (remise en question de la politique de financement du logement social par les loyers excessifs demandés pour les locaux d’activité en rez-de-chaussée des résidences HLM, qui font le jeu de la spéculation immobilière et contribuent à fermer la presque-totalité du tissu commercial parisien aux ménages à revenus modestes) et par ses acquis :
création en septembre 2015 de la Commission extramunicipale sur le commerce et l’artisanat ; et
– inclusion de la rue du Faubourg du Temple dans l’opération Vital’Quartier 2 de la Semaest
(deux outils donc d’une possible participation citoyenne – tout dépendra de ce qu’on réussira à en faire avec les élus).

Le contexte dans lequel se place l’inauguration de la première halle alimentaire parisienne est, cela dit, à tout prendre assez sombre, avec
– les suppressions d’emplois aidés qui mettent en péril de nombreuses associations engagées dans la voie d’une transition alimentaire (dont, près de chez nous, la Petite Rockette, ressourcerie du 11e arrondissement, très active dans la collecte et le recyclage des invendus) ;
– l’orientation donnée aux états généraux de l’alimentation, qui semblent vouloir avant tout sauvegarder l’agriculture intensive et les modes de consommation qui vont avec, quitte à creuser encore les inégalités, sans véritable remise en cause du modèle américain qui nous mène dans le mur ;
– le vague qui entoure le dispositif des « Quatre Saisons Solidaires » (inégalité de traitement des deux expérimentations [celle du 14e, favorisée, étant plutôt un chantier d’insertion qu’une « halle » au sens de la délibération de juillet 2016] ; aucune vision de ce qui suivra l’actuelle phase expérimentale, dont les critères d’évaluation et la durée même restent indéfinis) ;
– la baisse des APL, supportée surtout par les bailleurs sociaux qui, fragilisés ainsi, seront plus que jamais tentés de faire de leurs locaux d’activité une variable d’ajustement au préjudice à la fois de la vie associative et de l’ESS ;
– l’étrange intérêt manifesté ces derniers temps par les Renseignements généraux pour des structures comme Stopmonop ou la Petite Rockette.

Malgré tout cela, nous espérons que Kelbongoo sera non seulement une belle réussite dans sa tâche de mettre une alimentation saine à la portée de tous, contribuant par son succès à la pérennisation et à l’extension du dispositif des « Quatre Saisons Solidaires », mais deviendra aussi, par son volet social, un foyer de l’activisme citoyen dans le quartier.

Ont suivi des discours d’Olivia Polski, Didier Le Reste et Rémi Féraud. Nous reproduisons celui de Didier Le Reste, très actif ces derniers mois pour faire respecter le vote des habitants du 10e au budget participatif 2016 en faveur de la « halle alimentaire » :

Tout d’abord je tiens à saluer chaleureusement l’engagement de Léa Barbier et Richard Fielding, cofondateurs de Kelbongoo, pour faire vivre ce beau projet.
Nous avons surtout lors des derniers mois eu l’occasion de travailler avec Léa, et avons essayé, autant que faire se peut, de les accompagner dans le développement de leur projet.
Mais je connais également l’importance des enjeux de logistique et d’acheminement qui sont traités en grande partie par Richard Fielding.
Le travail qu’il réalise va bien au-delà d’une démarche entrepreneuriale classique, il s’agit ici d’un engagement profond, menant, si je comprends bien, à passer des journées longues, dans l’entrepôt, dans les lieux de distribution, chez les producteurs et derrière un bureau. Pour une richesse qui est celle du plaisir du travail bien fait, plutôt que d’un compte en banque bien rempli.
En appui de la mobilisation du quartier, le soutien de tous les différents partenaires présents a été indispensable, même si on aurait pu éviter certains blocages, mais sans votre détermination, et votre pugnacité à porter ce projet, innovant, original et novateur, nous n’aurions pas le plaisir d’être réunis ce soir.
C’est un projet, et le nombre de présents ce soir en témoigne, qui répond à une vraie aspiration populaire et à ce que portent nombre d’entre nous.
Les communistes ont porté dans le cadre de la campagne des municipales de 2014 une proposition, celle de développer à Paris des Halles alimentaires, lieux de vente en circuit court, à des prix accessibles à tous les Parisiens, tout en garantissant une juste rémunération des producteurs.
Cela fait écho à l’initiative, co-organisée entre le syndicat agricole le MODEF et le PCF tous les ans place de la Bastille, de vente de fruits et légumes à prix coûtant, pour montrer qu’il est possible de développer des modèles alternatifs à la grande distribution, au bénéfice tant du consommateur que du producteur.
Cette proposition est ensuite devenue un engagement de la mandature.
En ce sens, Nicolas Bonnet, Président du groupe communiste, dont je salue la présence ici ce soir, a sollicité dès 2015 la réalisation d’un rapport sur le sujet par l’Inspection générale de la Ville de Paris. Travail de qualité, qui a permis de mettre en lumière les risques et les difficultés à mettre en œuvre ce type de projet.
Puis, en juillet 2016, à la lumière de cette expertise, le groupe communiste a proposé une délibération sur les Halles alimentaires, qui a été adoptée à l’unanimité du Conseil de Paris. Ce vote a lancé la démarche avec un dispositif intitulé « Les Quatre Saisons Solidaires », et a acté le lancement de deux expérimentations, une dans le 14e arrondissement et une dans le 10e.
L’objectif de ce projet a déjà été bien expliqué par Léa Barbier, il s’agit à la fois de se soucier de la situation des producteurs agricoles, qui trop souvent ne peuvent vivre décemment de leur labeur, et des conditions dans lesquelles ils travaillent, de l’impact sur l’environnement et sur l’emploi. Il s’agit de construire un projet qui soit viable et acceptable et bénéfique pour tous, producteurs et consommateurs et politiques, parce qu’il répond à la fois aux enjeux environnementaux, de développement durable, de santé publique et de qualité de vie.
La démocratisation de l’accès de tous à une alimentation de qualité est au cœur de ce projet. Et cela passe en premier lieu par un prix accessible. C’est la condition nécessaire, mais pas suffisante. En effet, si nous voulons que l’accès à une alimentation de qualité soit réellement approprié par toutes et tous, c’est aussi d’une démarche proactive, d’éducation populaire que nous avons besoin. La Ville y participe directement avec Paris Santé Nutrition, mais nous avons besoin de relais sur ces sujets, qui soient directement dans les quartiers au quotidien et qui proposent une vraie alternative.
C’est pourquoi j’en profite pour saluer le lancement de l’association « Les Tambouilles », qui va pleinement pouvoir s’impliquer dans ce rôle, en développant les activités proposées, par exemple de visites de fermes, d’ateliers cuisine etc.
C’est un projet qui a été en gestation pendant de nombreux mois qui aboutit aujourd’hui, c’est un projet ambitieux, puisqu’il s’agit de proposer un modèle alternatif, c’est un projet expérimental, qui a vocation à susciter des doutes, des interrogations, et des ajustements si nécessaires, et c’est un projet innovant, qui suscite donc aussi l’intérêt du plus grand nombre.
Je suis donc particulièrement heureux que nous puissions ensemble inaugurer ce lieu, a fortiori puisque nous sommes situés dans un quartier populaire de Paris.
Dans une période où l’État rogne sur les contrats aidés pour les associations, mettant à mal certaines d’entre elles après qu’il a diminué les crédits pour la politique de la Ville en 2017, il est plus important que jamais que la Ville de Paris continue de soutenir des projets ambitieux au cœur des quartiers populaires au bénéfice de tous les Parisiens.

Le samedi 14, dans le cadre de son compte rendu de mi-mandat, Anne Hidalgo, toujours sous l’éblouissement de ses JO, n’a pas jugé utile de communiquer au sujet du commerce parisien ou de la transition alimentaire.
Partie remise ? Difficilement, sans une remise en question des priorités de ceux qui nous gouvernent, à même de garantir que la belle initiative de Kelbongoo rue Bichat ne soit pas que l’exception qui confirme la règle d’une « réussite » sans autre critère que l’argent.

Lettre ouverte à Pauline Véron

En attendant de retrouver le 12 octobre, à l’inauguration de Kelbongoo Bichat (voir page ACTUS), tous ceux qui ont suivi et soutenu notre lutte pour une alternative à la grande distribution à Bichat-Temple, vous trouverez ci-dessous le texte d’une lettre ouverte à Pauline Véron, adjointe à la Maire de Paris chargée de la démocratie locale, de la participation citoyenne [y compris le budget participatif], de la vie associative, de la jeunesse et de l’emploi, envoyée ce lundi 18 septembre par courrier électronique à Mme Véron, avec copies à Anne Hidalgo, maire de Paris, à Sylvain Raifaud, maire-adjoint du 10e arrondissement en charge des espaces verts, de la démocratie locale, du budget participatif et de la vie associative, et à Ari Brodach, responsable du budget participatif à la DDCT (Direction de la démocratie, des citoyens et des territoires) de la Mairie de Paris :

« Madame,

En ce début du scrutin de l’édition 2017 du budget participatif, je vous écris en tant qu’animatrice d’un collectif d’habitants du 10e et du 11e arrondissement (Stopmonop) qui a déposé, aux trois dernières éditions, des projets conçus, au mieux de nos moyens, pour servir l’intérêt général du plus grand nombre et contribuer donc à donner au budget participatif le sens d’une réelle avancée démocratique (loin des reproches de gadgétisation et de boboïté qui ont pu lui être adressés) :

– en 2015 : https://idee.paris.fr/les-halles-de-la-transition-alimentaire et https://idee.paris.fr/la-salle-pour-tout-et-tous
– en 2016 : « Une halle alimentaire pour le 10e » (https://budgetparticipatif.paris.fr/bp/jsp/site/Portal.jsp?page=idee&campagne=C&idee=929)
– en 2017 : « Des escaliers mécaniques au métro Goncourt » (https://budgetparticipatif.paris.fr/bp/jsp/site/Portal.jsp?page=idee&campagne=D&idee=2122) et « Place aux piétons dans le haut du Faubourg du Temple » (https://budgetparticipatif.paris.fr/bp/jsp/site/Portal.jsp?page=idee&campagne=D&idee=2136)

De ces cinq projets, un seul – celui de 2016 – a été soumis au vote… et plébiscité par les habitants du 10e arrondissement. C’est le sort de ce projet, anticipant sur le dispositif « Les quatre saisons solidaires », approuvé par le Conseil de Paris en juillet 2016, qui m’inspire quelques réflexions que je voudrais partager avec vous.

Le montant de la subvention votée pour la « halle alimentaire » du 10e arrondissement a été fixé par les services de la Ville et, en principe (d’après le processus décrit dans la Gazette du budget participatif), entériné en décembre 2016 lors du vote du budget municipal 2017. Alors que les habitants du 10e (et du 11e) attendaient avec impatience l’ouverture de la « halle », le collectif a eu pourtant la mauvaise surprise d’apprendre que sa réalisation rencontrait des difficultés – nouvelle transmise, non par les services de la Ville, mais indirectement, par l’équipe de Kelbongoo, entreprise de l’ESS sélectionnée (par un jury réunissant élus et représentants à la fois du bailleur Paris Habitat, de la DAE et des habitants) pour aménager, gérer et, à vrai dire, inventer la « halle ». Nous avons dû poser une question de pré-conseil au Conseil d’arrondissement du 10e le 27 avril (http://www.api-site.paris.fr/mairies/public/assets/2017%2F6%2FCompte-rendu%20CA%2027%20avril%202017.pdf), puis lancer, le 15 juillet, une pétition en ligne (https://stopmonop.wordpress.com/2017/07/15/sauvez-la-halle-alimentaire-a-bichat-temple/) pour que la situation commence enfin à se débloquer. Pourtant, le montant de la subvention votée par les habitants et budgétisée par la Ville en 2016 n’a cessé de se réduire : au lieu des 200 000 € votés, la DAE proposait (si nous sommes bien informés) fin juillet 131 000 €, début septembre 122 000 € et, aux dernières nouvelles, 125 000 €. Va-t’on s’en tenir là ? Nous ne le savons pas.

Je n’entrerai pas ici dans les problèmes concrets, non négligeables, que pareille incertitude pose à Kelbongoo, ni dans la question des véritables motivations de la valse hésitation autour de la subvention destinée à la halle alimentaire du 10e (le règlement européen de minimis concernant les aides d’État, mis en avant le 24 mai à la seule étape du processus – réunion chez Olivia Polski – à laquelle le collectif ait été invité à assister, semble à tout le moins susceptible de plusieurs interprétations), ni dans l’historique du collectif et du local, destiné initialement à une enseigne de la grande distribution. Ce qui nous inquiète, dans le contexte du budget participatif et par rapport à ses objectifs affichés, c’est plutôt la défiance que tout cela ne peut manquer d’inspirer, et cela à un moment où – les dernières élections l’ont montré – la désaffection démocratique ne cesse de croître, notamment dans les couches de la population qu’est censé cibler le dispositif des « Quatre saisons solidaires ». Défiance aussi chez les citoyens conscients et engagés qui font partie du collectif et qui se demandent pourquoi ils n’ont pas pu participer davantage au devenir de leur projet, pourquoi ni le collectif, en tant qu’auteur du projet voté, ni les 28 personnes ayant exprimé sur la plate-forme du budget participatif, entre le 15 février 2016 et aujourd’hui même, 18 septembre 2017, le souhait de s’y associer, n’ont à aucun moment été informés, même sommairement, par vos services ou la DDCT, des obstacles auxquels s’est heurté un résultat qu’ils avaient tout lieu de croire acquis (ni des solutions qui ont pu y être apportées). Le seul écho que nous avons eu des accidents de parcours de notre apport au budget participatif 2016 est tombé le 14 août dernier : un message d’une agente de la Direction du renseignement de la Préfecture de police, arrivé à l’adresse contact du collectif, nous sommant de « prendre attache » pour « parler de [n]otre position concernant la halle alimentaire ». Comme si le souci de mettre une alimentation saine à la portée de tous les Parisiens, dans le respect des circuits courts et d’une juste rémunération des producteurs – souci que vous comprenez certainement, ayant eu pendant quelque temps, dans l’équipe de Bertrand Delanoë, la charge du secteur de l’économie sociale et solidaire, et souci repris d’ailleurs dans le projet no 17 du bulletin de vote « Tout Paris » de l’édition 2017 du budget participatif – représentait une menace à l’ordre public ! Un tel incident, plus proche de l’intimidation que de l’encouragement, est mal fait pour amener « une population qui vote peu aux élections » (Emmanuelle Zemour, citée dans Le Monde du 5 octobre 2016) à « s’impliquer » dans une « logique de construction » (Frédérique Calandra, citée dans le même article) et la convaincre de la « transparence du processus de décision publique » (présentation du budget participatif 2014).

J’espère, comme nous tous au sein du collectif Stopmonop, qu’au bout du compte tout ira bien pour Kelbongoo, qui lance déjà les invitations pour l’inauguration de la première « halle alimentaire » de Paris, au 3bis rue Bichat. Mais… membre aussi de l’équipe d’animation du Conseil de quartier Hôpital Saint-Louis / Faubourg du Temple, je devrai, dans les jours qui viennent, aider à tenir une urne mobile pour le vote du budget participatif 2017, puis à animer une réunion plénière consacrée en grande partie au thème du « budget participatif : où en est-on ? » À la lumière de l’expérience que je viens de conter, je m’avoue perplexe.

Comment faire comprendre à d’autres ce qui, pour moi, ne fait pas sens ?

Quelle crédibilité accorder au budget participatif, si le résultat du scrutin peut être modifié à volonté même une fois entériné par le vote du budget municipal ?

Quel sens donner à l’épithète « participatif », comment prendre sur soi et motiver d’autres pour retenter le coup, si le dispositif que la communication de la DDCT nous félicite de nous « approprier » (message de Sylvain Raifaud, maire-adjoint du 10e, aux auteurs de projets non retenus au vote 2017, 1er septembre 2017), en fait nous dépossède et nous exclut de toute part à la mise en œuvre de notre projet, voire nous tient, semble-t-il, pour suspects là où nous persistons à vouloir tout de bon « participer directement aux décisions qui concernent [notre] vie quotidienne » (votre édito dans la Gazette du budget participatif, no 1, juillet 2017) ?

En vous remerciant des conseils que vous pourriez éventuellement me donner,
bien cordialement

Erika Abrams »

Un petit rappel du sort de nos autres projets, à méditer en cette période de scrutin du budget participatif 2017 :

– Les halles de la transition alimentaire : projet non retenu au vote 2015 sous prétexte que « la municipalité n’a pas vocation à entrer dans des activités commerciales d’ordre privé ».
– La salle pour tout et pour tous : projet non retenu au vote 2015 pour cause de « dépenses de fonctionnement trop importantes » et parce que « de nombreux équipements portés et financés par la Ville de Paris mène[raie]nt des activités comparables à celles évoquées dans le projet ».
– Des escaliers mécaniques au métro Goncourt : projet non retenu au vote 2017 (première édition du budget participatif à englober aussi la RATP) parce que le « projet n’entre pas dans le champ de compétences de la Ville de Paris, ni dans celui de la RATP », mais « relève directement du STIF », ce qui semble assez discutable. À la plénière du Conseil de quartier le 4 avril et à nouveau chez Elise Fajgeles le 30 mai, Didier Perret de la RATP nous avait dit que le projet était à l’étude et que les résultats seraient présentés à une réunion publique à la rentrée – réunion dont nous sommes sans nouvelles ; la RATP laisse nos relances sans réponse et à la mairie du 10e, depuis l’entrée d’Elise Fajgeles à l’Assemblée, la délégation des Transports et de l’Espace public est en déshérence.
– Place aux piétons dans le haut du Faubourg du Temple : projet non retenu au vote 2017, notre demande d’une réflexion sur l’aménagement de la rue compte tenu de la nouvelle sortie de la ligne 11 à caser devant la cour de la Grâce de Dieu et du passage de la nouvelle ligne de bus n° 20 étant jugée « prématurée » pour les raisons mêmes qui nous l’ont inspirée ; la Ville n’est pas d’avis que mieux vaut prévenir que guérir, malgré l’annonce de reports importants de circulation par la rue du Faubourg du Temple et l’avenue Claude Vellefaux (sous les fenêtres de l’hôpital) suite à la piétonisation partielle du boulevard de Belleville (entre la rue du Faubourg du Temple et la rue de la Fontaine au Roi) décidée de façon unilatérale par le 11e et le 20e dans le cadre justement d’un vote du budget participatif – encore un dossier dont personne ne s’occupe à la Mairie du 10e ; nos relances aux maires du 11e et du 20e qui, le 27 juin, avaient promis une réunion inter-arrondissements sur le carrefour de Belleville restent sans réponse.

À désespérer ? À voir.

Mise à jour du 17 octobre :
Un mois après l’envoi de notre lettre ouverte, quelques jours après l’inauguration de Kelbongoo, lors de laquelle j’ai longuement discuté avec un jeune membre de l’équipe du Budget participatif à l’Hôtel de Ville, j’ai reçu de Mme Véron la réponse suivante :

Madame,

Vous m’avez écrit à propos du projet « Une halle alimentaire pour le 10e », et je vous en remercie. Ce projet, lauréat du budget participatif 2016 dans le 10e arrondissement, prévoyait de « financer la partie « investissement » de la réalisation de la « halle » : l’aménagement du local attribué et sa mise aux normes pour la vente de produits frais et l’activité d’animation qui assurera son rayonnement dans le quartier ». Pour réaliser ce projet, une première subvention, d’un montant de 196 000€ , a été versée à Paris Habitat, en vue d’aménager le local commercial. Grâce à cette subvention, les travaux évoqués dans le projet voté au budget participatif ont été réalisés. Une subvention complémentaire d’un montant de 124 000€ sera versée à Kelbongoo  lors du conseil de Paris de novembre (et rapportée par ma collègue Olivia Polski), en vue de favoriser le développement de cette structure et de permettre le développement d’une alimentation saine et à portée de tous, enjeu qui est cher à notre municipalité.

Bien consciente que les délais de réalisation des projets portés et votés par les habitants dans le cadre du budget participatif peuvent paraître longs, je tiens à vous assurer que l’administration fait tout son possible pour les réduire au maximum. Le circuit comporte néanmoins quelques étapes obligées : après le vote des Parisiens sur le budget participatif, fin septembre, le budget de l’année N+1, comprenant l’enveloppe dédiée aux projets du budget participatif, est adopté au Conseil de Paris de décembre. Ce n’est donc qu’à partir du 1er janvier de l’année suivante que les différents projets du budget participatif peuvent être mis en œuvre.
Pour le projet de halle alimentaire, nous avons eu au cours de l’année 2017 à lever quelques interrogations, notamment juridiques, qui n’avaient pas pu être expertisées durant la première phase d’instruction du projet. Les difficultés juridiques ayant été levées, je me réjouis que cette nouvelle halle alimentaire ait pu être inaugurée jeudi dernier, dans un délai en réalité relativement raisonnable pour un projet de cette importance.

Je tiens enfin à vous remercier pour votre mobilisation à toutes les phases du budget participatif. Cet outil est fait pour que les citoyens puissent contribuer à l’amélioration concrète de leur ville et jouer un rôle nouveau dans la construction des politiques publiques. Je suis très attentive à l’amélioration en continu de ce dispositif novateur, qui vient changer les modes de travail de l’administration et des élus. J’ai donc pris bonne note de votre souhait que les habitants soient davantage associés y compris à la mise en œuvre des projets qu’ils ont déposés et votés. C’est en effet un axe de progrès important sur lequel les équipes en charge du budget participatif ont commencé à ma demande à travailler dès cette année.

En vous remerciant encore une fois de votre mobilisation, j’espère avoir répondu à vos interrogations.

Bien à vous,


Pauline VERON
Adjointe à la Maire de Paris
chargée de la démocratie locale, de la participation citoyenne,
de la vie associative et de la jeunesse
Conseillère de Paris et du 9e arrondissement

Décryptage :

Mme Véron se tire assez adroitement de l’exercice consistant à répondre légèrement à côté des questions qui demeurent :
– Alors que les trois mois qui suivent le dépôt des projets sont consacrés à une étude de faisabilité réalisée par les services de la Ville, comment expliquer que des « interrogations juridiques » assez importantes pour remettre tout le projet en cause n’aient émergé que quelques mois après le vote du budget de la Ville, entérinant et budgétisant les résultats du scrutin ?
– Si la subvention d’équipement accordée à Paris Habitat en novembre 2016 est considérée comme répondant pleinement au projet voté au budget participatif (chose discutable, vu la totale inviabilité commerciale du lot assigné à Kelbongoo avant ces travaux), comment expliquer qu’on ait laissé croire à Kelbongoo, jusqu’à la fin du printemps, qu’ils pourraient disposer de la totalité de la subvention votée (intégrée donc, fort logiquement à leur plan de financement) ?
– Comment expliquer les deux poids et deux mesures appliqués aux deux expérimentations de « halle alimentaire » – celle du 14e, arrondissement d’Olivia Polski, n’étant pas soumise à la réglementation européenne « de minimis » invoquée pour justifier la diminution de la subvention votée pour Kelbongoo ?
– Comment comprendre l’intérêt (anecdotique, certes, mais inquiétant quand même) des Renseignements généraux pour Stopmonop et la « halle alimentaire » ?

Enfin, tout est bien qui finit bien : la réponse de Mme Véron représente au moins, enfin, un engagement noir sur blanc de la Ville en ce qui concerne la subvention qui sera présentée au Conseil de Paris en novembre (même si le chiffre a encore bougé : après 131 000 € fin juillet, 122 000 € début septembre, 125 000 € à la mi-septembre, 128 000 € jeudi dernier, 124 000 € aujourd’hui). Reste à voir s’il n’y aurait pas moyen de récupérer au moins une partie des 76 000 € restants, sinon directement au bénéfice de l’entreprise Kelbongoo, du moins indirectement pour le volet social de la « halle »…

Que le budget participatif est un dispositif perfectible, c’est indiscutable. On ne demande qu’à voir, mais il ne sera pas facile de juger des progrès accomplis dans la mesure où la liste des lauréats du scrutin de l’édition 2017 ne comprend aucun projet concernant directement le quartier.

Appel à candidatures – la relance

Le projet By Sou… – « poissonnerie à manger » sélectionnée par le jury de l’appel à candidatures lancé en mars 2015 compte tenu de la demande réelle d’une poissonnerie chez les habitants du quartier, refondue ensuite en simple restaurant à poissons avec vente de sushis à emporter pour mieux s’adapter (nous a-t-on dit) au lot n° 1 (173 m2 avec vitrine au 43 bis rue du Faubourg du Temple) – a définitivement renoncé à s’installer au rez-de-chaussée de la résidence sociale de Paris Habitat à l’angle Bichat-Temple. Le bailleur a donc lancé le 7 août, avec un strict minimum de publicité (nous n’en avons été informés, indirectement, que le 24, et à ce jour l’annonce ne figure pas sur le site de la Mairie de Paris, locaux-bureaux.paris.fr, censé centraliser tous les locaux d’activités proposés par les bailleurs sociaux de la Ville), un nouvel appel à candidatures, consultable sur son site internet :
http://www.parishabitat.fr/Documents/Appels-a-candidatures/Appel-a-projet-boutique-Bichat-Temple-paris-habitat-aout-2017.pdf
et désormais aussi sur la page Documents de ce blog :
https://stopmonop.files.wordpress.com/2017/08/appel-c3a0-candidatures-lot-nc2b0-1.pdf.

L’appel reprend pour l‘essentiel les termes de l’appel initial de 2015 et vise à répondre aux « attentes locales ». Le conseil de quartier a été consulté à ce sujet début juin. La liste (non exhaustive) des activités visées mentionne :
– Une poissonnerie, prenant en compte les circuits courts, à prix abordables
– Un charcutier-traiteur
– Une ludothèque ou un magasin de jeux et jouets
– Des activités innovantes, présentées par un candidat issu des incubateurs et pépinières municipaux.
Nous ajouterions pour notre part une réserve :
– Restaurateurs s’abstenir !

Le loyer visé est reparti à la hausse : 360-500 €/m2/an HT/HC.
(Si cette fourchette reste heureusement moins irréaliste que les 600 €/m2/an HT/HC demandés par les 3F – bailleur social privé – pour le grand local du 49 rue du Faubourg du Temple, resté inoccupé depuis une bonne dizaine d’années, elle est loin de correspondre au rôle régulateur que nous aimerions voir jouer aux bailleurs sociaux autant sur le marché des locations commerciales [à noter qu’après la boulangère, le boucher du 44 rue du Faubourg du Temple vient lui aussi d’être saisi pour non-paiement de ses loyers] que sur celui des logements. Espérons que le candidat sélectionné ne ciblera pas que la clientèle « bobo » et saura négocier au mieux de nos intérêts à tous. Cela, d’autant que le renoncement de By Sou… semble être dû essentiellement aux exigences financières du bailleur, concernant à la fois le loyer et les travaux nécessaires pour rendre le local apte à accueillir une activité de restauration.)

Les dossiers de candidature sont à déposer au plus tard le 30 septembre 2017, par courriel, à l’adresse du chargé d’action commerciale de la Direction territoriale Nord-Est de Paris Habitat, Guy Patachek (guy.patachek@parishabitat.fr). La procédure de sélection reste la même que pour l’appel initial de 2015, avec un jury comprenant des représentants des habitants.

Le délai est bien court. Le bailleur aurait-il d’ores et déjà un candidat en vue ?
Nous encourageons tous ceux qui connaîtraient des personnes ayant un projet intéressant pour le quartier et à la recherche d’un local à passer le mot.

Une première réponse

Notre pétition, lancée dans la nuit du 15 au 16 juillet, a recueilli plus de 1500 signatures en dix jours. Merci à tous ceux qui se sont mobilisés pour la halle alimentaire du 10e arrondissement. Grâce à vous et aux interventions des élus (outre la lettre de Nicolas Bonnet et Didier Le Reste à Anne Hidalgo le communiqué du groupe communiste au Conseil de Paris, le groupe EELV aussi est intervenu auprès de la directrice de la DAE), la situation semble se débloquer.

En effet, comme nous l’avons annoncé aujourd’hui dans une mise à jour sur la page de la pétition, les co-fondateurs de Kelbongoo ont été reçus, ce mardi 25 juillet, par des fonctionnaires de la DAE (Direction de l’Attractivité et de l’Emploi) et du service en charge de l’Économie solidaire, circulaire et de l’Insertion professionnelle. Les « difficultés juridiques » invoquées par Olivia Polski à la réunion du 24 mai semblent avoir été résolues. La Ville propose désormais, pour la « halle » du 10e, une subvention de 130 000 € (les 200 000 du budget participtif amputés du coût de la chambre froide que Paris Habitat a été chargé d’installer et d’une petite subvention versée à Kelbongoo par la DDCT [Direction de la Démocratie, des Citoyens et des Territoires] pour le développement du volet social de son activité) qui serait soumise à l’approbation du Conseil de Paris en novembre et versée, si tout va bien, en décembre.

D’ici là, Kelbongoo reste seul pour faire face au coût de son installation, toujours prévue pour septembre. Nous ne pouvons qu’espérer qu’elle ne sera pas retardée par ces rebondissements.

Malgré la joie avec laquelle nous prenons acte de ce premier pas bien concret dans la bonne direction

  • considérant la différence de traitement entre le 10e et le 14e arrondissement, à peine diminuée et qui demeure toujours aussi incompréhensible (que la Ville mette en place deux expérimentations de « halle alimentaire » portées par deux structures différentes est une excellente chose dans la perspective de la pérennisation et de la généralisation du dispositif des « 4 Saisons solidaires », mais pour juger objectivement, il importe qu’aucune des deux ne soit privilégiée sur l’autre) ;
  • considérant aussi que la Mairie est très clairement sensible à la publicité donnée à cette affaire ;
  • considérant que les « états généraux de l’alimentation », lancés en grande pompe par le gouvernement le 20 juillet, rendent les questions soulevées plus que jamais d’actualité ;
  • et tout bêtement parce que nous demandons à voir (les engagements tenus) pour croire

le collectif a décidé de NE PAS fermer la pétition. Elle demeure active, et nous vous encourageons à continuer à la relayer le plus largement possible autour de vous, pour maintenir la pression en prenant au mot ceux qui nous parlent de « démocratie participative ».

Rappel du lien pour signer : https://www.change.org/p/anne-hidalgo-sauvez-la-halle-alimentaire-du-10e-arrondissement-ab88a136-1b15-445a-93de-cfa31b5029f3