Nouvelles nouvelles de Paris Habitat

Serait-ce l’explication du blocage des négociations entre le bailleur social de la ville et les porteurs de projet choisis il y a plus de huit mois déjà, au terme de l’appel à candidatures, pour les locaux d’activité en pied de l’immeuble Bichat-Temple ? En nous envoyant le message reproduit dans notre dernier post, Stéphane Dambrine, directeur général de Paris Habitat, était déjà sur un siège éjectable.

Le 3 juin, Le Parisien publiait un article intitulé  « Paris Habitat : le patron des HLM parisiens prend la porte » :

Cela couvait depuis des mois. C’est désormais acté : Stéphane Dambrine, le directeur général de Paris Habitat, quittera ses fonctions prochainement. Il est vraisemblablement poussé vers la sortie à la suite de plusieurs révélations le concernant : après «le Parisien»-«Aujourd’hui en France» qui, en janvier, révélait qu’en cas de licenciement, il pourrait prétendre à un parachute doré de… 500 000 euros. c’est ce matin l’hebdomadaire «Marianne» qui publie de nouvelles révélations, dans lesquelles il est notamment question de faussesfactures.
Selon nos informations, c’est un mail envoyé ce matin en interne à tous salariés de Paris Habitat qui a scellé le sort de Stéphane Dambrine. « En accord avec la ville de Paris, le président de Paris habitat et le Directeur général convenus de proposer au conseil d’administration qui se tiendra le 16 juin, rupture conventionnelle du contrat du directeur général ».
lire la suite : http://www.leparisien.fr/paris-75/le-patron-des-hlm-de-paris-prend-la-porte-03-06-2016-5853561.php

L’article faisait suite à un autre, du 18 mars, qui nous avait échappé :

Plus de parachute doré pour les grands patrons des offices HLM ? Plus de directeurs bénéficiant d’un logement social ? Plus de salaires outranciers ? Une moralisation et une transparence des pratiques ?
Hier, la Ville a affirmé avoir fait le ménage chez Paris Habitat, sans régler toutefois le dossier des privilèges acquis. Dans la matinée, un conseil d’administration exceptionnel s’est tenu, rue Claude Bernard (Ve), au siège. Il fait suite à nos révélations du 30 janvier sur le fastueux train de vie du plus gros bailleur social d’Ile-de-France qui emploie quelque 3 000 salariés et gère 122 000 logements.
En ligne de mire, le salaire, jugé excessif, du directeur général, son « bonus  » en cas de licenciement et des coûts de gestion jugés très élevés par l’Inspection générale de la Ville en 2014 et la Miilos (Mission interministérielle d’inspection du logement), le « gendarme du secteur » en 2013.
Ces rapports mettaient en lumière une « armée mexicaine » de 25 directeurs et directeurs adjoints émargeant de 7 000 à 11 000 € dont certains bénéficient, en plus, d’un logement social.
Ces révélations ont amené Anne Hidalgo, la maire (PS) de Paris à mettre les pieds dans le plat et à demander à ses dirigeants « de faire preuve de modération en matière de rémunération » et, au final, d’adopter « un code de déontologie  » applicable à tous les bailleurs sociaux de la capitale (SIEMP, Elogie, RIVP et Paris Habitat pour un parc total à Paris de plus de 220 000 logements).
lire la suite : http://www.leparisien.fr/espace-premium/paris-75/la-ville-fait-le-menage-chez-le-bailleur-social-paris-habitat-18-03-2016-5636665.php

Et pendant ce temps, le bailleur public persistait à vouloir imposer des loyers excessifs à des projets d’intérêt général  (librairie et « halle alimentaire ») destinés à ranimer et à réorienter le tissu commercial vers plus de proximité. Comme si on pouvait nourrir la spéculation (qui, en réservant nos rues aux Monop’ et consorts, fait de Paris une ville de moins en moins vivable) sans nourrir en même temps la colère de ceux qui en souffrent.

Un petit P.-S. par rapport aux Monop’ : celui que nous croyions avoir chassé de l’angle Bichat-Temple n’a fait qu’un petit pas de côté. Quelques photos pour ceux qui ne l’auraient pas remarqué, en train de s’installer sans tambour ni trompette au 13 bd Jules Ferry :

[P.-P.S. et  mise à jour du 26 octobre 2016 : Roger Madec, président de Paris Habitat, a publié le 13 octobre un communiqué présentant les conclusions des audits réalisés suite aux révélations de la presse relayées ci-dessus. S’il n’y a pas eu, semble-t-il, de malversations, il y a bien eu des « dysfonctionnements importants ». Lire le communiqué.]

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