https://idee.paris.fr/les-halles-de-la-transition-alimentaire

C’est le lien du projet posté le 25 février, au nom du collectif Stopmonop de concert avec le collectif Le Quartier aux Habitants (Stop Carrefour) sur la plate-forme du budget participatif pour essayer de faire avancer un peu le processus de concertation qui s’enlise. À soutenir des deux mains pendant les trois semaines qui viennent.
[Mise à jour, 36 heures après : les services de la Ville ont été particulièrement expéditifs. Posté mercredi soir tard, notre projet s’est retrouvé vendredi matin affublé du commentaire suivant : « Bonjour et merci pour cette proposition ! Toutefois, elle ne peut être retenue dans le cadre du budget participatif car les aménagements que vous préconisez ne relèvent pas des compétences de la Ville. » – Surprenant, alors que nous reprenons simplement une promesse électorale de l’actuelle majorité municipale – et, en effet, quelques heures encore plus tard, les services ont fait machine arrière en s’excusant. Quand même. Raison de plus pour soutenir le projet sur le site idee.paris.fr. : se créer d’abord un compte en cliquant sur « Connexion » pour pouvoir ensuite cliquer sur le petit cœur ou prendre part au débat via le rectangle « Je commente » en bas du projet.]
[Deuxième mise à jour : fait que nous ne savions pas en déposant le projet, le Conseil de Paris venait d’adopter, lors de sa séance du 9 au 11 février 2015, un « vœu relatif à la création d’une halle alimentaire » ; à lire ici.]

Le voici :

Légumes allongés

Intitulé du projet :
Les halles de la transition alimentaire

Objectif de l’idée
Permettre à tous, notamment aux classes populaires et classes moyennes fragiles, d’accéder à une offre alimentaire de qualité.

Descriptif de l’idée proposée
Aménager, dans les quartiers de Paris qui résistent encore à la gentrification, UN RÉSEAU DE MAGASINS DE VENTE DIRECTE DES PRODUITS DE L’AGRICULTURE ÉCO-RESPONSABLE pour casser à la fois les prix des magasins spécialisés et les préjugés qui identifient « bio » à « bobo »… et tenir une promesse de campagne de la liste « Paris qui ose ». Circuits courts, rémunération juste des producteurs, transport à faible empreinte carbone, aménagement exemplaire des lieux et volet éducatif avec animation visant à faciliter l’accès à une alimentation saine pour les parties de la population jusque-là exclues du bio par manque d’habitude autant que par manque de moyens – les « halles de la transition » seront des lieux de convivialité et de sensibilisation à la nutrition autant que des surfaces de vente. Un bonus : contribuer par la demande générée à la SAUVEGARDE D’UNE AGRICULTURE DIVERSIFIÉE et éco-responsable (+ emplois à la clef) en Île de France, en accord avec les objectifs du Plan Bio de la Région. – FRAIS D’ACQUISITION : pourront être réduits au minimum en installant d’abord les « halles » dans des locaux du parc public à loyer modéré, pieds d’immeubles gérés par les bailleurs sociaux conventionnés et commerces réhabilités par la Semaest. – COÛT DE L’AMÉNAGEMENT et de la mise aux normes pour la vente de produits frais : difficile à estimer, il dépendra du nombre et de l’état des locaux retenus, de la gamme des produits et des services proposés dans chacun d’eux. – GESTION : municipale, associative ou mixte, à voir. La promesse électorale suggère une régie publique. Compatible avec les dispositifs d’insertion à l’emploi, elle pourrait s’ouvrir progressivement aux modalités participatives qui ont fait leurs preuves dans les AMAP pour alléger la charge de travail des agents municipaux et mieux assurer l’équilibre financier tout en contribuant à responsabiliser les consommateurs-usagers, à créer du lien social et à maintenir les prix bas. (Encore des questions ? Réponses en pièce jointe.)

Situation actuelle – diagnostic :
Les prix pratiqués à Paris limitent l’offre du bio surtout aux classes moyennes aisées. Les autres n’ont le choix qu’entre la grande distribution, les enseignes de hard-discount et les marchés « populaires » qui écoulent les rebuts de Rungis. L’expérience des AMAP prouve que les prix du bio en vente directe producteurs-consommateurs peuvent être « compétitifs » (http://lespaniersmarseillais.org/IMG/pdf/Etude_comparative_de_prix_-_Les_Paniers_Marseillais.pdf), mais ce sont des structures fermées, qui prêchent des convaincus. Leur présence à Paris est marginale, et leur manque de flexibilité mal adapté à la population de la capitale (petits ménages, personnes seules et familles monoparentales pauvres, nombreux surtout dans les quartiers défavorisés du nord-est). Une présence « volante » de maraîchers bio franciliens sur les marchés serait elle aussi insuffisante face à l’ampleur de la transition à ménager (et de la demande prévisible à brève échéance). POUR DÉCLENCHER UNE RÉVOLUTION DANS LES COMPORTEMENTS ALIMENTAIRES, LES POPULATIONS VISÉES DEVRONT INVESTIR LES LOCAUX ET S’APPROPRIER LE PROJET. POUR CELA IL FAUT CRÉER DES POINTS DE VENTE STABLES ET PÉRENNES. Impossible aujourd’hui, vu la cherté excessive des baux commerciaux à Paris.

Le projet a-t-il déjà été expérimenté au sein d’un autre organisme ?
Nombreuses initiatives en province de la part d’organisations d’agriculteurs bio : ou magasins en vente directe de produits fermiers (https://fr-fr.facebook.com/pages/Talents-de-Fermes/288742644639671) ou programmes visant à modifier les comportements alimentaires (http://famillesaalimentationpositive.fr/index.php?pages/y-y-y-y). Aucun exemple combinant, à l’échelle d’une grande ville, le projet éducatif et l’implantation d’un réseau de magasins.

Lieu précis :
Dans un premier temps : 43-45 rue du Faubourg du Temple / 1-9 rue Bichat dans le 10e et 17 bd Ornano dans le 18e.

Impact social :
5 sur 5

Impact environnemental :
4 sur 5

Évaluation du coût du projet :
???

Pour soutenir :
https://idee.paris.fr/les-halles-de-la-transition-alimentaire

Question de confiance

L’équipe d’animation du Conseil de quartier Saint-Louis / Faubourg du Temple a diffusé cette semaine – sur sa liste d’habitants et usagers du quartier, comme aussi en direction des élus, des représentants de Paris Habitat et des intervenants extérieurs – le compte rendu de la réunion plénière du 11 décembre dernier, consacrée à la question des commerces et activités qui vont s’installer bientôt à l’angle Bichat-Faubourg du Temple et au rôle des habitants dans l’affectation de ces locaux. Pour le fond, c’est en gros ce qui a été posté sur le blog dès le 22 décembre (https://stopmonop.wordpress.com/2014/12/22/attribution-des-locaux-en-rdc-conclusions-de-la-pleniere-du-conseil-de-quartier-saint-louis-faubourg-du-temple-reunie-le-11-decembre-2014/). Pour la forme, la signature du CQ donne un surcroît de poids aux paroles enregistrées (qui représentent un progrès réel, voire, chez certains, tout à fait révolutionnaire par rapport aux propos tenus lors des plénières du 26 mai 2011 et du 28 février 2013, et encore en Conseil d’Arrondissement, le 30 juin dernier).

Sans doute n’est-ce pas une mauvaise chose à un moment où les élus du 10e qui dialoguent avec nous depuis le mois de mai dernier viennent enfin de rencontrer (mardi 10 février, à la Mairie du 10e) les responsables de projets chez Paris Habitat qui avaient quitté la plénière du CQ presque dès le début, après le bref historique qui a introduit la séance, sans écouter ni participer aux débats proprement dits. Cette nouvelle réunion, à laquelle Stopmonop n’était pas convié (pour permettre, semble-t-il, aux représentants de Paris Habitat de s’exprimer plus librement), concernait – comme Léa Vasa, adjointe chargée de l’économie sociale et solidaire, nous l’a fait savoir – « l’appel à projets et la procédure » qui « [n]ous seront communiqués dès que possible ».

Espérons que ce « dès que possible » ne signifiera pas encore une fois deux mois (comme entre le CQ et cette séance de rattrapage). Si la procédure doit se dérouler selon le calendrier annoncé par Paul Simondon, premier adjoint auprès du Maire du 10e, à la plénière du CQ – publication de l’appel à projets et inscription des locaux sur la liste des locations commerciales de la Ville de Paris (locaux-bureaux.paris.fr.) au mois de février en vue d’un examen des candidatures pendant l’été, avec, entre les deux, une grande réunion publique dans la salle des fêtes de la Mairie, promise par Sylvain Raifaud, adjoint chargé de la démocratie locale, en principe dans la foulée de la publication de l’appel à projets, donc au mois de mars, pour mieux impliquer les habitants dans le processus et encourager l’émergence de véritables projets de proximité – le temps presse. Comme nous entrons à nouveau dans une période de vacances scolaires où tout, sauf le travail sur le chantier, tournera au ralenti, et comme nous attendons toujours l’information en direction des habitants, prélude indispensable à la réunion publique, promise déjà pour l’automne dernier dans la bulletin d’infos de la Mairie, on peut dire même qu’il y a le feu.

Or, voilà que l’ouverture imminente* d’un grand magasin Sephora au 137 rue du Faubourg du Temple / 1-3 boulevard de la Villette (d’une taille qu’on imagine difficilement échappant à l’obligation de déclaration en mairie, même s’agissant d’un local qui ne relève pas du parc des bailleurs sociaux) vient jeter de l’huile sur le feu en contredisant net le démenti opposé le 11 décembre, en fin de réunion, par Paul Simondon – qui, en sa qualité d’adjoint chargé de l’urbanisme, devrait pourtant savoir à quoi s’en tenir – aux rumeurs qui parlaient justement de l’arrivée de cette enseigne dans la rue du Faubourg.

Sephora.Belleville.13.2.15

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Certes, cela ne se passe pas à notre coin de rues… mais à 500 m de là, quand même ! Qu’en pouvons-nous augurer pour la suite et l’issue du processus de concertation qui tarde tant à se concrétiser ? Pour l’utilité sociale des commerces et activités qui seront appelés… à redynamiser le quartier ou seulement à renflouer les caisses du bailleur ?

La question de confiance est posée.

(Le 2 mars, le Sephora a ouvert ses portes. Paul Simondon, questionné le soir même avant la réunion du Conseil d’Arrondissement, a prétexté l’ignorance et l’incompétence des services de la Mairie.)

(Le 2 juin, enfin, une réaction-réflexion sensée sur la toile : http://www.pop-up-urbain.com/sephora-sinstalle-la-fin-de-la-belleville/ – voir aussi : http://www.huffingtonpost.fr/farid-gueham/no-go-zones-belleville-hills-societe-gentrification_b_6750838.html)