Cela nous regarde

Banderole.30.8.2015

Il est difficile de relancer notre mobilisation en cette rentrée, alors qu’après l’échec de nos efforts pour amener Paris Habitat à baisser ses loyers, alignés sur le haut de la fourchette atteinte par la spéculation dans le privé, nous attendons que les décisions tombent pour l’attribution des quatre ou cinq locaux d’activités du projet Bichat-Temple.

Reste que, quelles que soient ces décisions, elles ne résoudront pas tous les problèmes du Faubourg du Temple où, après la marchande de couleurs, nous avons perdu en juillet la dernière boulangerie artisanale de l’ancienne « rue marché » pour ne gagner qu’un étrange « salon de glaces » qui ne vend pas de glaces et, bientôt, une Naturalia, petite sœur de feu le Monop’, au métro Goncourt. Dans cet entre-deux, nous aurions tout intérêt à apporter notre soutien au Collectif Ramponeau qui lutte comme nous contre la gentrification un peu plus haut sur la colline de Belleville.

La situation là-haut est résumée dans le dernier appel du collectif :

« Après la transformation de La Forge rue Ramponeau, la destruction de la rue Desnoyez et maintenant le 48 rue Ramponeau, les Bellevillois s’inquiètent de ces projets et opérations immobilières qui s’imposent sans étude ni concertation préalable et violentent la population et son cadre de vie.

– En 2005 : dans le cadre de l’opération « Vital’Quartier 1 » et de sa politique de préservation des activités artisanales, la Mairie de Paris préempte des locaux au 48 rue Ramponeau : la métallerie Grésillon, la miroiterie Maestrini et deux ateliers de sculpture.
– En 2015 : la SEMAEST, partenaire de la Mairie de Paris et propriétaire de ces locaux, signe une promesse de vente à un opérateur privé, la SCI Bichon. Le projet de celui-ci, prévoit :
– L’expulsion de la société Grésillon (8 employés), dernière métallerie de Belleville.
– L’expulsion d’un sculpteur.
– La destruction de leurs ateliers ainsi que des locaux de la miroiterie Maestrini inutilisés depuis 2012, soit 1000 m2 artisanaux et artistiques.
– Ceci afin de réaliser un projet d’hôtellerie de 250 lits.

Le 18 juin, au conseil du 20e arrondissement, les vœux portés par les élus PC, Front de Gauche et EELV demandant l’abandon du projet hôtelier ont été adoptés avec les voix de l’opposition (UMP) mettant en minorité la maire du 20e.
Suite à notre mobilisation, le 1er juillet au Conseil de Paris, la Mairie de Paris a adopté un vœu qui impose une concertation avec les différents acteurs et habitants de Belleville sur le devenir de la parcelle.
Cependant, la vente n’est pas annulée, contrairement à nos souhaits.
 »

Chez nos voisins, c’est donc la SEMAEST (Société d’économie mixte d’Aménagement de l’Est de Paris), dont la mission est de « s’inscrire dans une démarche de développement visant à installer de nouvelles activités et à favoriser la vitalité du tissu commercial et économique » dans les quartiers ciblés par ses opérations « Vital’Quartier », qui se fait paradoxalement le vecteur et l’instrument d’une gentrification à la logique purement financière. La même SEMAEST que nos interlocuteurs n’ont cessé de nous recommander comme la vraie solution à la dégradation de notre cadre de vie (et, plus généralement, au problème de l’autofinancement dans le logement social) depuis notre rencontre avec Rémi Féraud en mai 2013.

Ainsi, Hélène Duverly, qui répondait à la question de pré-Conseil posé par le Conseil de quartier Saint-Louis / Faubourg du Temple le 30 juin 2014 : « Nous avons le projet de demander à ce qu’une “zone Vital’Quartier3” soit reconnue dans cette portion de la rue du Faubourg du Temple, et c’est la solution économique, insitutionnelle et démocratique, d’ailleurs, puisqu’elle a fait ses preuves dans les programmes Vital’Quartier 1 et 2, pour implanter des commerces de proximité, des associations, et aussi des activités moins rentables ».

Ainsi, Ian Brossat, qui le 28 août 2014 comme le 20 avril 2015, évoquait le projet d’Anne Hidalgo, de confier à la SEMAEST la commercialisation des pieds d’immeubles sociaux, pour mieux prendre en compte les besoins et attentes des habitants.

On a déjà pu remarquer ailleurs dans le 10e une tendance de la SEMAEST à favoriser les commerces élitistes (le dernier exemple en date étant la « néo-boucherie » Top chef de la rue de Lancry). Il y a eu aussi d’autres échos de dysfonctionnements dans le 20e (citons le loyer étrangleur de la librairie « Le Genre Urbain », rue de Belleville : http://www.leparisien.fr/espace-premium/paris-75/le-libraire-de-belleville-etrangle-par-son-loyer-07-01-2014-3467907.php). L’exemple du 48 rue Ramponeau-37 rue Bisson, où, au lieu d’assurer la pérennité des espaces artisanaux qu’elle était censée « préserver et reconquérir », la SEMAEST les sacrifie pour renflouer sa caisse en faisant le jeu des promoteurs, est plus inquiétant encore.

Est-ce cela qui nous attend ? Jouer le dindon de la farce face à un organisme qui déshabille Pierre pour habiller Paul ?

La collectif Ramponeau appelle à un

rassemblement le 30 août à 18 h
dans la cour du 48 rue Ramponeau

Planète Belleville 2015-08-23 à 14.17.08

Cela nous regarde.
Plus d’infos ici : https://www.facebook.com/ramponeau