Une halle alimentaire pour le 10e ou Budget participatif, le retour

Dans une ville qui tourne rond, une vraie ville à vivre, on pourrait penser qu’un bailleur social profiterait de ses rez-de-chaussée pour jouer, dans l’intérêt de ses locataires, un rôle régulateur : pour faire contrepoids à la tendance à l’uniformisation du paysage commercial et à l’inflation des loyers.

Dans une ville qui tourne rond, une vraie ville à vivre, on pourrait penser que le budget participatif d’investissement servirait à débloquer et à faire avancer des idées nouvelles, correspondant à des besoins non encore pris en compte.

À l’angle Bichat-Temple, c’est le monde des ronds dans les carrés et des carrés dans les ronds :
Paris Habitat (qui a, il est vrai, un train de vie important à entretenir ; voir notre post du 30 janvier) semble compter sur des subventions de la Ville aux porteurs de projets pour ne pas revoir à la baisse ses loyers, faits plutôt pour les boutiques de luxe et les rues cotés de Saint-Germain-des-Prés que pour notre pauvre Faubourg du Temple (assez malade dans son commerce de proximité pour que les élus appellent la Semaest à son chevet).
La Ville, pendant ce temps-là, d’un côté, se serre la ceinture (avec la baisse des dotations de l’État), et de l’autre, laisse filer son budget participatif dans une belle dérive gadgétaire.
Entre les deux, on jongle comme on peut en vous invitant tous à soutenir, cette année encore, sans illusions, deux appels à l’escarcelle commune.

I

Une halle alimentaire pour le 10e
https://budgetparticipatif.paris.fr/bp/jsp/site/Portal.jsp?page=idee&campagne=C&idee=929
 Localisation Projet d’arrondissement
43 Rue du Faubourg du Temple, 75010 PARIS
Solidarité et cohésion sociale Solidarité et cohésion sociale

Depuis 2008, le Conseil de Paris a approuvé à 4 reprises des vœux prévoyant d’aménager, dans les quartiers populaires, UN RÉSEAU DE STRUCTURES DE VENTE DIRECTE DES PRODUITS DE L’AGRICULTURE ÉCO-RESPONSABLE pour casser l’inégalité sociale de l’accès à l’alimentation et permettre à tous, notamment aux classes populaires et classes moyennes fragiles, d’accéder à une offre alimentaire de qualité. Circuits courts, rémunération juste des producteurs, transport à faible empreinte carbone, aménagement exemplaire des lieux et volet éducatif avec animation visant à faciliter l’accès à une alimentation saine pour les parties de la population jusque-là exclues du bio par manque d’habitude autant que par manque de moyens – les « halles alimentaires » s’intégreront à la « transition écologique » et seront des lieux de convivialité autant que des surfaces de vente. Un bonus : contribuer par la demande générée à la SAUVEGARDE D’UNE AGRICULTURE DIVERSIFIÉE et éco-responsable, en accord avec les objectifs du Plan Bio de la Région. Considérant les ENJEUX DE SANTÉ PUBLIC, le dernier vœu en date, approuvé en février 2015, prévoit qu’« une ou des expérimentations puissent être organisées rapidement ». C’est en ce sens, et en réponse à une demande forte des habitants, qu’un appel à projets a été lancé en mars 2015 pour implanter, dans le 10e arrondissement, une de ces expérimentations au rez-de-chaussée de l’immeuble Paris Habitat en construction au 43-45 rue du Faubourg du Temple / 1-9 rue Bichat. En octobre 2015, la candidature de Kelbongoo, jeune entreprise lauréate des Trophées de l’ESS 2015, a été approuvée pour porter ce projet. Donnons tout son sens social au budget participatif ! Soumettons au vote l’idée de financer la partie « investissement » de la réalisation de la « halle » : l’aménagement du local attribué et sa mise aux normes pour la vente de produits frais et l’activité d’animation qui assurera son rayonnement dans le quartier.

II

Créer des Locaux à Loyer Modéré
https://budgetparticipatif.paris.fr/bp/jsp/site/Portal.jsp?page=idee&campagne=C&idee=479

Localisation Projet « Tout Paris »

 Économie, emploi et attractivité Économie, emploi et attractivité

LES CONSTATS : Des artisans et certains commerçants ne peuvent tenir dans Paris en raison des baux commerciaux trop chers pour la structure de leur production. Les coopératives et associations de l’économie sociale et solidaire sont confrontés au même problème. Les professions intellectuelles et culturelles autres que quelques majors de la pub souffrent. La « petite » économie est pourtant pourvoyeuse d’emplois variés et bien souvent plus accessible aux catégories populaires que les start-up de l’économie numérique et les sièges sociaux. Les métiers culturels, certains commerces comme les librairies, qui sont indispensables à la vie et au rayonnement de Paris, peinent à se développer, voire à se maintenir. Les métier du second œuvre du bâtiment qui sont nécessaires au plan climat dans sa diffusion très locale sont repoussés en banlieue. Dans le même temps beaucoup de locaux commerciaux privés sont fermés. Les locaux en rez-de -chaussée des logements sociaux sont inutilisés ou loués au prix du marché.
LE PROJET pour favoriser l’emploi :
Le système actuel de protection du commerce et de l’artisanat est défensif. Il ne se fixe pas pour objectif de créer un parc pérenne de locaux à loyer modéré. Le projet est de créer un patrimoine public à loyer modéré de locaux d’activités. Ces locaux seraient destinés à recevoir :
– des commerces structurellement en difficulté à Paris
– des artisans, – des entreprises de l’économie sociale et solidaire…
Ce patrimoine serait constitué :
– de biens propres et pérennes achetés par la Ville de Paris
– de locaux des bailleurs sociaux conventionnés
L’admission dans ces locaux serait faite par des commissions en fonction de critères tels que :
– le type d’activité qui peine à se maintenir à Paris du fait des loyers,
– le caractère socialement utile de la production ou de l’activité,
– l’emploi et l’insertion par l’emploi
Beaucoup de précarité pourrait être évité en favorisant les TPE, les artisans et l’ESS.

 

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