Qui sommes-nous ?

Une résidence sociale gérée par Paris-Habitat et la mairie du 10e est actuellement en cours de réalisation à l’angle des rues Bichat et Faubourg du Temple à Paris, à la jonction du 10e et du 11e arrondissement .

Nous sommes un collectif d’habitants et d’habitués du quartier qui souhaitent promouvoir une solution plus satisfaisante que le Monop’ prévu à ce jour en RDC de cet immeuble.

Ce blog est dédié aux habitants mobilisés – depuis 2011, lorsqu’une première pétition papier « Contre le “DailyMonop’” et pour la diversité commerciale » a recueilli plus de 400 signatures – contre l’implantation dans le quartier d’une nouvelle antenne de la grande distribution.

>> Une nouvelle pétition en ligne, lancée le 18 mai 2014 sur Change.org., a été remise à ses destinataires le 13 et le 20 avril 2015, avec 939 signatures (648 en ligne et 291 sur papier). À lire ici:  http://chn.ge/1nY0BA9

L’HISTORIQUE :

La construction d’un immeuble d’« habitat social » à l’angle des deux rues était prévue de longue date. La rumeur en parlait dans le quartier depuis plus de quarante ans. En 1982, lorsque la Ville de Paris commence à y racheter des lots, la parcelle – d’une valeur architecturale reconnue par la Commission du Vieux Paris (comportant en fond de cour des ateliers et entrepôts du XIXe siècle, sur la rue Bichat des immeubles placards bas datant de 1859 et 1862, et sur la rue du Faubourg du Temple trois bâtiments d’habitation de la seconde moitié du XVIIIe siècle, dont un spécimen assez rare d’immeuble à sept travées) – abritait une cour typiquement parisienne, mélangeant habitat et activités artisanales. On y dénombrait treize commerces sur les deux rues (poissonnier, primeur, boucher, traiteur, coiffeur, plombier, cordonnier, auto-école, etc.) et le bruit public annonçait un immeuble de 144 logements sur cinq étages.

Finalement, le 9 mai 2006, le Conseil d’arrondissement du 10e a approuvé à l’unanimité (suivi du Conseil municipal, le mois suivant) un projet concernant les immeubles des 1/9 rue Bichat et 43/45 bis rue du Faubourg du Temple  s’articulant en : 80 logements sociaux sur une surface hors œuvre nette de 6.760 m2 ; une crèche de 60 berceaux ; un jardin privatif de 235 m2 rattaché à cette crèche ; le maintien de plusieurs locaux commerciaux sur 710 m2 ; 70 places de parking en un niveau de sous-sol ; des jardins en cœur de parcelle de 820 m2 (y compris le jardin privatif de la crèche).

Sylvie Scherer, rapporteur du projet, précise, concernant les locaux commerciaux, que « dans tous les cas, les locaux d’artisanat seront préservés en rez-de-chaussée jardin ». (D’après le PLU, la rue du Faubourg du Temple se trouve en zone de protection  particulière de l’artisanat.)

N.B. – Le projet d’arrondissement pour la révision du PLU (plan local d’urbanisme) de 2006, prévoit « un programme de logements sociaux PLA, une crèche et le maintien du centre médical ».

En octobre-novembre 2006, le projet présenté aux habitants lors de l’enquête préalable à la déclaration d’utilité publique prévoit, conformément au descriptif approuvé en Conseil d’arrondissement, « environ 710 m2 de locaux artisanaux et de commerces en rez-de-chaussée » et justifie le maintien de « ce type de locaux » par « la zone de protection particulière de l’artisanat et du commerce du futur PLU parisien » concernant notamment la rue du Faubourg du Temple. (Dans ses conclusions, l’enquêteur note « l’unanimité [des observations recueillies] en ce qui concerne l’ouverture du jardin au public » et se dit « favorable dans la mesure où l’O.P.A.C. semble considérer que ce n’est pas impossible ». Les souhaits de certains, demandant que « la construction de logements sociaux et de crèche [soit] accompagnée d’équipements culturels, artistiques et associatifs » ou que « le choix des commerces se fasse au bénéfice des habitants du quartier » sont regardés comme l’expression d’« intérêts privés » ne méritant pas d’être retenus.)

Le concours architectural a été lancé le 19 février 2008. Lors de sa sélection, le projet lauréat, d’Alexandre Chemetoff & Associés – primé au Pavillon de l’Arsenal en 2009 – comportait, d’après le témoignage d’un membre du jury, quatre commerces. Le projet concurrent de Citarchi (http://www.citarchi.com/Galeries/Bichat-Temple/index.html) comportait un total de 850 m2 de locaux d’activités (commerce ou artisanat), en deux surfaces (de 335 et 415 m2 respectivement) divisibles chacune, à tout le moins, en trois ou en quatre.

Enfin, le 26 mai 2011, une réunion plénière du conseil de quartier Saint-Louis / Faubourg-du-Temple, en présence de Paul Simondon, alors adjoint au maire du 10e arrondissement chargé de l’habitat et du logement, met les habitants devant le fait accompli du projet définitif, comprenant, sur cinq étages et un niveau et demi en sous-sol, 90 logements sociaux (dont seulement 22 PLAI, de la catégorie véritablement sociale, les 68 autres relevant de catégories qui prévoient un plafond de ressources annuelles entre 53.845 et 69.999 € pour un ménage avec deux enfants – chiffres de 2014) ; une crèche de 66 berceaux ; 96 places de parking ; un jardin privatif et, en RDC, seulement deux surfaces à vocation commerciale, l’une de 177, l’autre de 430 m2.

L’annonce des logements sociaux et de la crèche a été unanimement bien accueillie, mais c’est avec stupeur que nous avons appris que les locaux commerciaux en RDC étaient destinés :

  • le plus petit, à un commerce de « vêtements dégriffés de luxe » (contre un loyer annuel HT/HC de 93.800 € pour un local livré brut de béton)
  • le plus grand à un « DailyMonop’ » (contre un loyer annuel HT/HC de 208.000 € également pour un local livré brut de béton) !

SI PARIS-HABITAT FINANCE sa construction de « résidences sociales » par les fonds publics mis à sa disposition pour ce qui est des logements proprement dits (subventions et emprunts approuvés par le Conseil d’arrondissement et le Conseil municipal en septembre 2010, en vertu des délibérations DLH 194-1° et 194-2°), et encaisse plus de 7.000.000 € pour la vente en VEFA de la crèche à la Ville (CA du 30 juin 2011 et délibération DU 137 du Conseil municipal, 12-13 juillet 2011), en revanche le RDC est censée s’autofinancer  grâce à la location à prix d’or des surfaces commerciales, sans souci des conséquences pour le quartier.

Or, dans le quartier  Goncourt / Faubourg du Temple, les antennes de la grande distribution alimentaire sont déjà très nombreuses (Monoprix, Franprix, Dia, G20, UExpress, etc…)  et la rue du Faubourg du Temple souffre d’une activité « mono-commerciale » de vêtements de basse qualité. (Voir la carte des commerces réalisée en mai 2013.)

Les habitants se sont donc mobilisés, à travers le conseil de quartier et en interpellant les élus, contre l’articulation et l’attribution des surfaces commerciales prévues par le projet – sans succès.
Comme déjà dit, une première pétition, lancée en juin 2011, a recueilli plus de 400 signatures. Les démolitions ont démarré en septembre 2011 (marché attribué le 31 mars 2011 pour un montant de 567.503 €). Lorsqu’une seconde réunion plénière du conseil de quartier, le 28 février 2013, n’a fait que confirmer le maintien du projet tel quel, nous avons monté un collectif dont des représentants ont été reçus le 23 mai 2013 (période pré-élections municipales oblige !) par le maire du 10e, Rémi Féraud.

Après de multiples retards, le chantier de construction a démarré en février 2014, en pleine campagne des municipales (marché attribué le 26 novembre 2013, pour un montant de 15.513.334 €).

Dans le cadre de la campagne, nous avons obtenu des prises de position de la part des têtes de liste du PS, de l’UMP, d’EELV, du Front de Gauche et de « Paris libéré » (divers droite), et notre mobilisation a été relancée par un rassemblement public organisé à l’angle Bichat-Faubourg du Temple le 8 mars 2014, pour sensibiliser les riverains et discuter avec les candidats, prodigues de promesses.

Notre combat continue après les élections. Il est évoqué dans un vœu présenté le 19 mai au Conseil de Paris par Danielle Simonnet, élue Front de Gauche-Place au Peuple du 20e arrondissement. Le 28 mai, une quinzaine de représentants et de sympathisants du collectif ont été reçus à la mairie du 10e par les nouveaux élus PC et EELV en charge de ces problèmes (Dante Bassino, adjoint chargé du logement ; Sylvain Raifaud, adjoint chargé de la démocratie locale ; et Léa Vasa, adjointe chargée de l’économie sociale et solidaire)  pour, au-delà des promesses, faire le point sur les possibilités de la Ville et les desiderata des habitants et amorcer la discussion jusque-là court-circuitée.

La plénière du Conseil du Quartier Saint Louis / Faubourg du Temple réunie le 26 juin et la séance du Conseil d’Arrondissement qui a suivi, le 30 juin, nous ont fourni de nouvelles tribunes, avec notamment la pose d’une question de pré-Conseil qui a suscité des réponses du maire, de trois élus de la majorité et d’une de l’opposition. Les résultats se reflètent dans les comptes rendus publiés dans les autres pages de ce blog : des espoirs de partition de la grande surface et d’une éventuelle « modulation » des loyers, mais pendant un bon moment encore, aucun engagement réel de la part de Paris Habitat, malgré une nouvelle rencontre avec nos élus locaux le 10 juillet. Pendant tout ce temps, le travail de sensibilisation de la population s’est poursuivi, et le collectif s’est porté à la rencontre des commerçants et des associations du quartier dont plus d’un s’est dit intéressé par les surfaces partitionnées. Nous avons ainsi réuni les deux volets de notre action le vendredi 25 juillet, en invitant la presse et les médias à relayer notre lutte et à venir nous voir à une table militante installée à l’angle des rues Bichat et Faubourg du Temple (voir la page Dossier de presse).

Le 28 août, une délégation de cinq membres du collectif a été reçue par Ian Brossat, adjoint en charge du logement auprès de la maire de Paris, et le 26 septembre, à une réunion au siège de Paris Habitat, Stéphane Dambrine, directeur général du bailleur social, a annoncé la partition du local de 430 m2 conçu pour le Monop’ en trois : de 205, 178 et 60 m2 respectivement, le plus grand des trois pouvant éventuellement être encore divisé en deux (de 120 et 80 m2). Première victoire donc, fêtée par le collectif le 27 septembre, mais la lutte continue, car Paris Habitat maintient les loyers demandés pour tous ces locaux à un niveau (530 €/m2 de loyer annuel) supérieur à la moyenne du privé dans le quartier et rédhibitoire tant pour le petit commerce de proximité que pour tout projet associatif ou d’économie sociale et solidaire.

En février-mars 2015, nous avons posté deux projets sur le site du budget participatif de la Mairie (https://idee.paris.fr/les-halles-de-la-transition-alimentaire et https://idee.paris.fr/la-salle-pour-tout-et-tous) ; aucun des deux ne sera finalement soumis au vote. Une nouvelle tentative sera faite en février 2016 : https://budgetparticipatif.paris.fr/bp/jsp/site/Portal.jsp?page=idee&campagne=C&idee=929.

L’appel à candidatures lancé par Paris Habitat le 23 mars 2015 (texte en page Documents) aura des suites plus positives. Après une réunion publique, dans la Salle des Fêtes de la Mairie du 10e, le 13 avril 2015, puis, le 20, une seconde rencontre avec Ian Brossat et son chef de cabinet dans l’espoir de concilier enfin le niveau des loyers demandés avec l’intérêt général des habitants – l’occasion de remettre notre pétition avec 939 signatures au compteur (648 en ligne et 291 sur papier) –  un membre du collectif a pu participer aux délibérations de la commission de validation qui, début octobre, a retenu des projets réellement en harmonie avec les besoins exprimés.

Début juin 2016, ces résultats n’ont toujours pas été finalisés par le bailleur. La question des loyers, restée en suspens, pourra encore tout remettre en cause, notamment pour les deux projets emblématiques de la concertation : librairie et halle alimentaire. De là, le lancement, le 19 mars 2016, d’une troisième pétition papier, remise à Stéphane Dambrine et à Rémi Féraud le 29 avril avec 659 signatures. D’autre part, la première réunion de la Commission extra-municipale sur le commerce et sur l’artisanat, créée par le Conseil d’arrondissement du 14 septembre en réponse à notre question de pré-Conseil présentée au CA du 15 juin pour demander la généralisation d’une concertation en amont et d’une participation directe des habitants à toute décision concernant l’attribution des locaux d’activités gérées par les bailleurs sociaux de la Ville et la Semaest, a été, à la mi-décembre 2015, franchement décevante, et nos efforts pour obtenir une nouvelle réunion qui permette d’avancer réellement dans la voie de la concertation n’ont pour l’instant pas rencontré d’écho auprès de la conseillère d’arrondissement déléguée.

Si nous avons gagné la bataille contre le DailyMonop’ Bichat-Temple, la guerre continue contre les logiques urbanistiques et financières qui, partout dans Paris, mettent la grande distribution en position de quasi-monopole au détriment de l’âme de nos quartiers et de notre cadre de vie. C’est pourquoi Stopmonop participe depuis octobre 2015, avec le Collectif Ramponeau dans le 20e, Stop Carrefour/Le Quartier aux Habitants dans le 18e et une quinzaine d’autres groupes d’initiative citoyenne dans le Nord-Est parisien et la proche banlieue, à un mouvement fédérant les citoyens en lutte pour le droit à la ville, dont les actions sont annoncées régulièrement en page Actus.

 

Contacts

stopmonopp@gmail.com

Vous pouvez aussi nous écrire à eabrams@free.fr pour demander votre inscription sur notre forum ou pour un complément de renseignements.

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