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En tant qu’animatrice de ce blog et de la liste de diffusion Stopmonop, j’ai fait mon possible, pendant notre lutte contre le DailyMonop’, pour garder, autant que possible sans dénaturer notre propos, une attitude de neutralité et d’ouverture à toutes les orientations politiques.

Notre lutte ayant été menée à bien (au moins à l’angle Bichat-Temple ; pour un écho de l’état des choses avenue Gambetta, allez voir ici : http://www.agoravox.fr/actualites/info-locale/article/paris-texas-191973) et les enjeux des élections qui approchent étant ce qu’ils sont, la situation aujourd’hui n’est plus la même.

Je tiens donc, à titre personnel, à déclarer publiquement que je retrouve l’esprit de notre action – contre le monopole de la grande distribution et la malbouffe qu’elle véhicule, pour un urbanisme respectueux du droit à la ville et qui tienne compte de l’expertise citoyenne, contre la soi-disant « loi du marché » qui, si on la laisse faire, aura vite fait de transformer Paris en ghetto de riches – dans le programme L’avenir en commun (https://laec.fr), porté par Jean-Luc Mélenchon, et je vous appelle à voter en conséquence dès le premier tour.

Que vous soyez déjà convaincus ou que vous hésitiez encore, venez échanger à l’Apéro de la France insoumise, ce vendredi 21 avril, place de la République, à partir de 18 h.

Surtout, allez voter le dimanche 23 ! Ne cédez pas au fatalisme ou à la résignation ! Notre lutte est bien la preuve que rien n’est joué d’avance – tout est possible !

Erika Abrams

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Le rayon bio des supermarchés : évolution des politiques distributeurs ou outil marketing ?

Un écho du blog de nos amis qui luttent contre l’arrivée d’un Carrefour Market de 1950 m2 au 92 boulevard Gambetta dans le 20e (https://nonaucarrefouraurectorat.wordpress.com) :

Même si des évolutions sont possibles (meilleure offre en produits bio français, prix d’achats équitables…), le système sur lequel repose Carrefour [ou Casino, à travers sa filiale bio « Naturalia »] s’appuie sur une recherche de produits standardisés, en volume et peu chers, pour des profits toujours croissants, excluant de fait des formes d’agriculture alternatives, les petits producteurs et les mangeurs citoyens les plus défavorisés.

Les systèmes alimentaires sont aujourd’hui largement industrialisés. À tous les niveaux, les acteurs, semenciers, industries phytosanitaires, agro-alimentaires et distributeurs, et les capitaux se concentrent. Près de 90 % des produits alimentaires de grande consommation passent par seulement cinq centrales d’achat. En France, Carrefour-Promodès couvre le tiers du marché alimentaire (Christian Jacquiau, Les coulisses de la grande distribution, Albin Michel, 2000, et rapport Grande distribution et croissance en France, DGCCRF).
Cette situation d’oligopole se traduit par une gouvernance alimentaire qui exclut producteurs mais aussi citoyens (en entretenant l’illusion du choix lorsque les produits sont en fait issus d’une poignée de centrales) et des systèmes alimentaires dont les impacts et les externalités négatives sont de plus en plus importants :

– Emploi
En France, l’industrialisation de l’agriculture a fait chuter la part des emplois agricoles de 30 % à 3,5 % en cinquante ans. Aujourd’hui, un tiers des agriculteurs gagne moins de 350 € par mois (rapport Agreste, « L’agriculture française depuis cinquante ans »). L’impact du secteur de la grande distribution sur la création d’emplois ne compense pas toujours les pertes liées à l’évolution des technologies employées (caisses automatiques, numérisation des achats), ni la disparition des commerces de proximité : pour un emploi créé dans les GMS, cinq sont détruits dans l’économie locale (Tous comptes faits, Agnès Denis, 2008). Plusieurs études montrent d’ailleurs que l’installation d’un supermarché s’accompagne de la destruction du tissu social au niveau local (http://www.ilsr.org/key-studies-walmart-and-bigbox-retail/ dans Ils changent le monde, 10001 initiatives de transition écologique, Rob Hopkins, 2014).

– Santé
L’industrialisation des systèmes alimentaires et la démocratisation des GMS s’est accompagnée d’une recrudescence des maladies cardio-vasculaires, du diabète et de l’obésité (+76 % d’augmentation depuis 1980). En France, une personne sur deux est en surpoids, le problème touchant en particulier les populations les plus défavorisées (étude INSERM). À cela s’ajoute les maladies liées aux produits phytosanitaires, ces « béquilles chimiques » sur lesquelles s’appuient les productions hyper-mécanisées pour répondre à la demande de l’industrie agro-alimentaire.

– Économie
La financiarisation des systèmes alimentaires et les spéculations sur les matières premières alimentaires accentuent la volatilité des prix. En parallèle, face à la situation d’oligopole de l’industrie agro-alimentaire et de la grande distribution, les agriculteurs sont parfois contraints de vendre au-dessous du prix de production, une incohérence bien connue par la filière laitière française (Lactalis, Le beurre et l’argent du beurre, Envoyé spécial du 13 octobre 2016).
À tel point qu’une filière de commerce équitable Nord-Nord est en train de se structurer en France !

– Accessibilité
Enfin, cette pression sur les producteurs n’a en rien permis d’atteindre un objectif d’accès à tous à une alimentation saine et équilibrée : en France, près de 4 millions de personnes dépendaient des aides alimentaires en 2016 (données INSEE).

Dans ce contexte, d’autres formes d’agriculture et de gouvernance alimentaire émergent et se développent : agriculture biologique, projets alimentaires territoriaux, circuits courts de proximité… L’un des arguments avancés par l’enseigne Carrefour pour promouvoir son projet de grande surface est justement de proposer une gamme de produits biologiques à prix accessible pour répondre à une demande croissante d’aliments plus « sains » et « respectueux de l’environnement ».

De quelle bio est-il question ?
À l’origine, l’agriculture biologique est « basée sur des cultures associées, une complémentarité cultures-élevage, une protection du sol et une gestion responsable des ressources non renouvelables. Mieux encore, cette agriculture conduira à valoriser la main-d’oeuvre, reconnaître les savoirs paysans et renouer les liens avec la société » (définition tirée de Changeons l’agriculture, J.Caplat, 2011).
Aujourd’hui, l’agriculture biologique c’est aussi un label, dont les exigences ont été revues à la baisse depuis sa normalisation européenne, et dont les dérives commencent à être pointées du doigt. La philosophie initiale de la bio – agriculture respectueuse de l’environnement et juste rémunération du producteur – est-elle compatible avec la logique productiviste et consumériste des systèmes alimentaires dans lesquels s’inscrit la grande distribution ?

Tirer les coûts vers le bas, mais à quel prix ?
Dans sa course effrénée aux matières premières alimentaires les moins chères, la grande distribution oriente la bio vers une bio industrielle, qui produit de gros volumes pour des économies d’échelle. Des économies ? En apparence seulement, car le calcul n’intègre pas les nombreuses externalités négatives d’une bio industrielle :

– Des conditions de travail précaires, des prix d’achat trop bas, quitte à privilégier les importations aux production locales.
– Une logique de rentabilité qui oriente la production vers une agriculture sans béquilles chimiques, avec les mêmes problématiques qu’en conventionnel : monocultures intensives, usant les sols et la biodiversité (From uniformity to diversity, rapport IPES Food, 2016) mécanisation et travail systématique des sols, cultures hors-sol gourmandes en eau, en fioul (pour chauffer les serres) et en plastiques, comme c’est le cas des fraises bio produites en Andalousie (La Bio, entre business et projet de société, Philippe Baqué, 2012).
– Une relation de dépendance des agriculteurs maintenue, envers les banques (difficultés à rembourser les emprunts), les semenciers, l’importation d’aliments pour l’élevage (en particulier du soja pour les poules) et la grande distribution.

Une politique de distribution peu cohérente avec les objectifs de la bio
Au-delà de la façon dont la grande distribution oriente les systèmes agricoles, même en bio, la logique de commercialisation entre en contradiction avec les valeurs mêmes d’un système alimentaire durable. En ignorant le concept de saisonnalité et en recherchant les prix les plus bas, les importations prennent le pas sur le local. Chez Carrefour en particulier, les légumes d’été bio sont proposés toute l’année : d’octobre à avril, tomates, courgettes et autres poivrons proviennent alors d’Espagne, d’Italie voire d’Afrique du Nord (« La grande distribution s’engouffre dans la bio et en menace les valeurs », article Reporterre). Les prix plus bas étant pratiqués dans d’autres pays : « plus de la moitié des fruits et légumes et 40 % de l’épicerie sèche proviennent de l’Europe, du Maroc, de Turquie, voire de beaucoup plus loin » d’après la directrice de l’Agence bio (« Que vaut le bio des grandes surfaces », Le Figaro).
La part du marketing dans les produits bio pose aussi question : suremballages ou produits hauts de gamme, in fine, le marketing vide de leur sens les produits bio, tout en augmentant la note.

Évolution des politiques de la distribution ou greenwashing ?
Au-delà du cahier des charges, la bio propose une évolution des systèmes alimentaires, vers une économie relocalisable et solidaire (charte des valeurs de la FNAB, avril 2016). À l’opposé, développer la bio des supermarchés pour toucher le plus grand nombre, ou servir d’argumentaire à l’installation de nouveaux supermarchés, « renforce un système qui concentre les pouvoirs, détruit des emplois, industrialise l’agriculture et exploite les paysans » (Cyril Dion, « Le bio dans les supermarchés, c’est pire ou c’est mieux ? », Kaizen magazine).

Mêmes si des évolutions sont possibles (meilleure offre en produits bio français, prix d’achats équitables…), le système sur lequel repose Carrefour [ou Casino, à travers sa filiale bio « Naturalia » s’appuie sur une recherche de produits standardisés, en volume et peu chers, pour des profits toujours croissants, excluant de fait des formes d’agricultures alternatives, les petits producteurs et les mangeurs citoyens les plus défavorisés.

Vivement l’arrivée de Kelbongoo à Bichat-Temple ! (Voir aussi pages ACTUS.)

Entre voisins…

Depuis la création de ce blog il y a près de trois ans, nous n’avons jamais laissé passer un mois sans post. Impossible donc, même en étant loin de Paris, de ne pas marquer le dernier jour du mois en faisant au moins écho à quelques événements qui nous touchent de près.

Dans le quartier immédiat :
– ne pas oublier la plénière du Conseil de quartier Hôpital Saint-Louis / Faubourg du Temple, le mardi 4 avril, de 19 h à 21 h, à l’école élémentaire Vicq d’Azir (18 rue Vicq-d’Azir ; métro Colonel Fabien), où il sera question des stations de métro Goncourt et Belleville, de nos deux projets sur le Budget participatif 2017 et du fonctionnement du Budget participatif en général : réelle avancée ou plutôt arnaque démocratique ? à vous de vous prononcer !
– la Nouvelle Rôtisserie, restaurant alternatif associatif et autogéré ouvert depuis un an au 4 rue Jean-et-Marie, nous fait savoir qu’à compter du lundi 3 avril elle ouvrira ses portes tous les midis : la Cuisine Des Migrants nous y accueillera le lundi, le mardi et le mercredi à partir de 12h et Altrimenti, le jeudi et le vendredi. (En attendant de trouver un local, la Cuisine Des Migrants continue parallèlement de confectionner et distribuer des repas pour les migrants les 4 premiers jours de la semaine. Plus d’infos sur : http://www.lanouvellerotisserie.org)
– la ressourcerie La Petite Rockette annonce l’ouverture d’un atelier vélo, le 3 mai, au 6 rue des Goncourt : apprentissage de la réparation, apéro-démontage, location, bourses aux vélos, formation vélo-école, ateliers brico-recyclo et plus…
– Kelbongoo, qui sur sa page Facebook (https://www.facebook.com/kelbongoo/) annonce maintenant pour septembre 2017 l’ouverture de son magasin au 3bis rue Bichat, propose aux intéressés de s’inscrire à une lettre d’information pour être tenus au courant de l’avancement des travaux : http://eepurl.com/cyfAZb

Un peu plus loin :
– Une mauvaise nouvelle concernant la Maison de l’Air au parc de Belleville, vide depuis un bon moment déjà, pour laquelle un groupe d’habitants représenté par l’association Aracanthe avait déposé sur la plate-forme du Budget participatif un projet largement plébiscité : https://budgetparticipatif.paris.fr/bp/jsp/site/Portal.jsp?page=idee&campagne=D&idee=1849. Malheureusement, le cabinet d’Anne Hidalgo vient d’informer les porteurs du projet (par lettre du 17 mars), qu’« il a été décidé que la Maison de l’Air accueillerait principalement des activités de restauration » – comprendre : un bar branchouille de plus, propre à favoriser la boboïsation de l’Est parisien en bafouant les besoins et souhaits exprimés par les habitants. Dossier à suivre. Tels que nous les connaissons, les Bellevillois ne se laisseront pas faire.

Encore plus haut sur la colline, ça bouge chez nos amis de l’association Carton Rouge (opposée à l’arrivée d’un Carrefour de 1950 m2 au rez-de-chaussée de l’ancien siège de Bulle, occupé jusqu’en juin 2016 par les services de l’Académie de Paris). Vous trouverez toutes les nouvelles sur le blog de l’asso (https://nonaucarrefouraurectorat.wordpress.com). L’essentiel, en bref :
– une délégation du collectif opposé au projet commercial, immobilier et financier approuvé par la Mairie du 20e pour le 92-98 avenue Gambetta rencontrera le 4 mai (à trois jours du second tour de l’élection présidentielle !), à la Mairie, le promoteur CVI-Gambetta (société écran de CarVal Investors, filiale financier du géant de l’agro-alimentaire Cargill, dénoncé pour son rôle dans la déforestation de l’Amazonie : https://www.youtube.com/watch?v=HKFyS93FuCM) et la société Carrefour. Nous aussi pouvons les soutenir en écrivant à Anne Hidalgo pour lui demander d’être fidèle à ses engagements et de promouvoir à la fois le petit commerce et la démocratie locale contre la finance internationale en apportant un appui ouvert et actif aux habitants (télécharger un modèle de lettre en cliquant ici) et en répondant, ou en demandant à nos amis du 20e de répondre au sondage en ligne lancé par Carton Rouge pour définir un contre-projet. Trait d’union supplémentaire entre nous : Kelbongoo, qui va ouvrir à Bichat-Temple incessamment sous peu a été aussi sollicité par le quartier de Saint-Fargeau pour prendre une partie de la place destinée au Carrefour. Ça peut nous rappeler des souvenirs. (D’ailleurs, Carton Rouge aussi, comme nous, demande l’application des dispositifs législatifs qui permettent désormais à la Semaest de préempter des baux – dispositifs dont Olivia Polski, adjointe d’Anne Hidalgo, ne semble pas vouloir entendre parler.)

En conclusion donc, pour que la lutte ne soit pas chaque fois à recommencer, un encouragement à ne pas bouder les urnes le 23 avril. Entre voisins, un peu d’insoumission nous ferait du bien à tous.

Le budget participatif 2017 prend le métro

Décidément, il n’y a pas que Zazie et on ne peut jurer de rien…

Nous pensions faire l’impasse sur le Budget participatif cette année, l’installation des commerces Bichat-Temple semblant bien en cours et l’exercice comme tel n’étant pas très convaincant… lorsque la Ville a décidé d’y associer la RATP. C’est l’occasion de donner suite à la Tribune sur la ligne 11 publiée le mois dernier – en rappelant l’idée de faire évoluer le collectif vers une association dédiée aux affaires du quartier en général. Pour cela, on verra. En tout cas, nous avons déposé deux projets liés aux travaux d’aménagement de la ligne 11 que nous vous invitons à découvrir et à soutenir.

Des escaliers mécaniques au métro Goncourt
L’accès à hôpital Saint-Louis par le métro Goncourt est actuellement difficile pour beaucoup de ceux qui s’y rendent. La création d’un escalier mécanique sur le trottoir nord de l’avenue Parmentier, côté 10e, améliorerait notablement l’accès à la fois à l’hôpital et aux transports pour les personnes fragiles, âgées, malades, ou accompagnées de jeunes enfants. Elle est simple à réaliser. Il suffirait de remplacer l’escalier de l’actuelle sortie devant le 152 avenue Parmentier (sortie n° 1, « Hôpital Saint-Louis ») par un escalier mécanique. Il est à rappeler que la station Goncourt, comme la station Pyrénées, est l’une des stations les plus profondes de Paris, et que la RATP prévoit bien, dans le cadre de la modernisation de la ligne 11, un escalier mécanique à Pyrénées mais non pas à Goncourt – inégalité inexplicable de l’accès aux transports. Comme, d’autre part, la plupart des accidents se produisent, non pas à la montée mais à la descente des escaliers, nous proposons de doubler d’un escalier mécanique descendant l’escalier mécanique montant qui relie actuellement le premier palier souterrain de la station Goncourt à la salle des billets, aménagement tout à fait envisageable, vu la largeur de l’escalier existant. Ces deux mesures vont dans le sens d’un vœu adopté à l’unanimité, lors du conseil d’arrondissement du 16 janvier 2017, par les élus du 10e, réagissant à une initiative des habitants qui, à la réunion publique du 13 décembre 2016 sur les travaux de prolongement de la ligne 11, ont été très nombreux à exprimer le désir d’une amélioration de l’accessibilité de la station.

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Place aux piétons dans le haut du Faubourg du Temple
La création d’une nouvelle sortie de la station de métro Belleville sur l’étroit trottoir de la rue du Faubourg du Temple, côté 10e, devant la Cour de la Grâce de Dieu (n° 129), promet de poser de réels problèmes pour la vie des habitants et usagers : flux piétons intenses canalisés par cette rue étroite de faubourg, bordée de commerces actifs (prêt-à-porter, cafés, etc.), qui irrigue l’un des quartiers les plus denses de Paris. Interpellée par les habitants, la RATP maintient qu’il serait techniquement impossible de réunir cette sortie (desservant le quai de la ligne 11 direction Châtelet) à celle prévue à l’angle de la rue de la Présentation, sur le trottoir large du côté 11e (desservant le quai direction Mairie des Lilas / Rosny-sous-Bois), avec création d’une galerie de liaison souterraine à l’instar de celle qui existe déjà sous le carrefour des boulevard de Belleville et de la Villette, à une dizaine de mètres de là. La RATP n’envisage pas non plus de placer la nouvelle sortie côté 10e dans l’impasse actuellement en cours de rénovation par le bailleur social les 3F. Comme cette nouvelle sortie, telle que prévue, ne servira pas en même temps d’entrée, elle accroîtra encore les flux sur ce trottoir exigu. Il y aurait donc un nouvel aménagement de l’espace public à inventer, depuis le carrefour avec les boulevards : – pour les usagers du métro, élargir la nouvelle sortie de 60 cm environ et la transformer en entrée-sortie pour une vraie qualité d’usage ; – pour les piétons, augmenter la largeur du trottoir côté 10e (en déplaçant la chaussée – où passera la nouvelle ligne de bus n° 20 ! – pour ne pas en faire un parcours d’obstacles) ; – pour les commerces, maintenir une largeur de passage entre la trémie et les façades ; – pour les livraisons, étudier au cas par cas avec les commerçants ; – pour les usagers de véhicules (2 et 4 roues), repenser un plan de stationnement dans toute la partie haute de la rue.

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Ce qu’en disent nos voisins du 20e : Journal de Belleville, n° 8 (mars 2017), p. 2.

Quid de la CEMCA ?

En septembre 2015, en réponse à la question de pré-conseil présentée par le collectif Stopmonop le 15 juin 2015, pour demander la généralisation de la procédure de concertation mise en œuvre pour l’attribution des locaux commerciaux du projet Bichat-Temple, le Conseil d’arrondissement du 10e a créé une Commission extra-municipale sur le commerce et l’artisanat ayant pour objet « d’organiser la concertation autour des projets liés à l’acquisition et à l’implantation de locaux commerciaux et artisanaux dans l’arrondissement ». Une première réunion, convoquée le 14 décembre 2015 sans implication du public, s’est bornée à rendre compte des attributions effectuées sans concertation depuis 2008. Nous en avons rendu compte dans notre post du 28 décembre 2015. La deuxième réunion, annoncée alors pour mai-juin 2016 et que nous aurions aimé voir consacrée à la mise en place d’une vraie structure de concertation en amont, permettant à tous les habitants et usagers de nos quartiers de faire remonter leurs besoins réels avec aussi un espoir réel de les voir pris en compte, se fait toujours attendre. Nous avons relancé à ce sujet Hélène Duverly, conseillère déléguée au Commerce et à l’Artisanat, d’abord le 8 mai, puis le 10 septembre 2016. Nous publions ici notre dernière relance, en date du 30 janvier 2017, adressée aussi, en copie, à Seybah Dagoma, qui représente le 10e arrondissement à l’Assemblée nationale et se présentera à nouveau à nos suffrages en juin prochain :

A la fin de la première réunion de la CEMCA, le 14 décembre 2015, il avait été question de convoquer une nouvelle réunion en mai-juin 2016, celle de décembre 2015 ayant été consacrée essentiellement au rattrapage.

Le rattrapage s’est poursuivi à la réunion du Groupe de travail SEMAEST, le 23 mars 2016, sans que le temps disponible permette d’aborder concrètement la question de la concertation (raison d’être de la création de la CEMCA) ou même simplement de la consultation des habitants sur les questions de l’évolution du tissu commercial dans l’arrondissement et de l’attribution des locaux d’activité relevant des bailleurs sociaux.

Le diagnostic publié par l’APUR en novembre 2015 (dont il n’a pas été question à la réunion du 14 décembre) a pointé surtout deux tendances : le maillage de plus en plus dense des antennes de la grande distribution, accompagné d’un déclin continu du petit commerce traditionnel de proximité, et la « montée en gamme » des commerces implantés par la SEMAEST (avec pour effet pervers d’accélérer la gentrification de nos quartiers, processus pointé aussi dans le vœu relatif « à l’amplification de la stratégie de revitalisation du commerce de proximité et au développement des commerces de l’ESS et des circuits courts » présenté par le groupe écologiste en Conseil de Paris le 26 septembre 2016). Aucun commerce alimentaire ou de proximité n’a reçu un local dans la grande zone autour de l’hôpital Saint-Louis signalée par l’APUR (p. 14) comme « pauvre en commerces alimentaires et services commerciaux de proximité, et dense en population résidentielle ».

Le printemps 2016 a été marqué dans notre arrondissement par la livraison de deux grands projets de logements sociaux : Delessert et Bichat-Temple. Si la politique de la ville doit, non pas creuser, mais combattre les inégalités dans tout ce qui relève du droit à la ville, il faudrait que les locataires de ces nouveaux logements, ainsi que le pourcentage non négligeable de ménages modestes ou appartenant à la classe moyenne fragile que compte encore le 10e, puissent disposer, à proximité de chez eux, d’une offre de commerces et de services de qualité correspondant à leurs besoins et à leurs possibilités réels – qu’ils ne soient pas condamnés au choix entre le hard discount et les marchands qui écoulent les rebuts de Rungis sur les marchés découverts de Belleville ou de Barbès (marchands eux-mêmes en sursis, vu la prochaine interdiction du diesel dans Paris). Un projet comme celui de Kelbongoo à Bichat-Temple montre qu’une troisième voie est bien possible.

La seconde réunion de la CEMCA sera, bien sûr, l’occasion de présenter le bilan de l’activité de la SEMAEST dans l’arrondissement demandé par des élus de la majorité au Conseil d’arrondissement du 12 septembre 2016. Elle serait également utile pour poser les questions :

  • de la transition écologique qui devra englober non seulement la problématique énergétique, mais aussi, conjointement, la production et la distribution alimentaire
  • de la mise en place d’une structure souple de consultation des habitants pour les attributions de locaux des bailleurs sociaux, à commencer par la communication systématique des candidatures aux conseils de quartier et autres acteurs des quartiers concernés pour les attributions des locaux neufs ou celles impliquant un changement d’activité (comme à la mini-réunion du 4 octobre 2016, où nous avons été informés des candidatures pour deux locaux de la SEMAEST et un de la Siemp, mais en allant au-delà de la simple réunion d’information pour prendre réellement en compte l’expertise citoyenne des habitants et des usagers de nos quartiers)
  • de la constitution d’un parc de locaux d’activité à loyer modéré (voire plafonné), réservé au commerce et à l’artisanat de proximité, relevant de la SEMAEST et de la nouvelle structure inter-bailleur annoncée par l’Hôtel de Ville (le projet « + de commerces dans les quartiers populaires », approuvé dans le cadre du Budget participatif 2016 semble voué, au contraire, à favoriser là encore, par le biais de l’« attractivité », une montée en gamme qui contribuerait plutôt à chasser les classes populaires des quartiers concernés)
  • de la mise en place de périmètres d’expérimentation avec la préemption de baux commerciaux, approuvée par un vœu adopté au CA du 14 mars 2016 et demandée par les représentants de trois conseils de quartier à la réunion du 23 mars. (J’insiste particulièrement sur ce dernier point, car, sans cela, l’inclusion de la rue du Faubourg du Temple dans l’opération Vital’Quartier 2, décidée l’an passé, restera totalement inefficace.)

Peut-être suffirait-il d’une réunion plus informelle que celle du 14 décembre 2015, mais aussi plus ouverte aux habitants.

Ce message n’est toujours, cela va sans dire, qu’une suggestion, mais peut-être les suggestions auront-elles un peu plus d’écoute en cette année électorale.

La réponse cette fois ne s’est pas fait attendre. En revanche, elle n’a guère de quoi contenter ceux qui espéreraient encore trouver dans la CEMCA le moyen de généraliser et de pérenniser une procédure concrète de concertation en amont dans les décisions concernant le commerce et l’artisanat de proximité :

– Mme Duverly nous fait savoir qu’elle « ne réunira pas la CEMCA prochainement », attendu qu’« il n’y a pas de dossier nouveau à y étudier ni de locaux commerciaux à attribuer à court terme ». Elle évoque la réunion ad hoc du 4 octobre dernier (voir notre post du 9 octobre 2016) comme exemple des futures réunions. Celles-ci seraient donc, comme nous le souhaitions, plus souples que la grand-messe de rattrapage réunie en décembre 2016. Bonne nouvelle, pourvu que l’évolution (qui part d’une politique d’opacité totale) dépasse le stade des pures réunions d’information (déjà un petit progrès) pour aller jusqu’au véritable dialogue en amont demandé aussi par des groupes d’habitants dans plus d’un quartier concerné par le nouveau Contrat de revitalisation commerciale et artisanale (ainsi ASQP à Popincourt et Fontaine-au-Roi ou Carton Rouge dans le 20e). Nous aimerions croire que l’annonce (seconde bonne nouvelle) que la candidature finalement retenue pour le local de la Siemp au 179 rue Saint-Maur est bien celle que les représentants des habitants avaient jugé, à la réunion du 4 octobre, le plus utile au quartier (celle d’une opticienne et audio-prothétiste porteuse d’un projet social) soit de bon augure à cet égard. En attendant, bienvenue à « Vision d’Avenir » !

– Elle annonce que « la SEMAEST fera un bilan de son activité en mai/juin 2017 comme tous les 18 mois environ ». Serait-ce à dire que le bilan demandé par Léa Vasa au Conseil d’arrondissement du 12 septembre, visant à cerner l’effet gentrificateur des commerces implantés par la SEMAEST, soit passé à la trappe ? Qu’il ne nous resterait qu’à attendre jusqu’après les élections pour écouter encore un compte rendu des apprentis sorciers qui changent le visage de nos quartiers sans nous demander notre avis ? Joëlle Morel, élue du 11e et présidente de la SEMAEST, a au contraire encouragé toutes les personnes présentes à la galette des Rois de l’association ASQP le 14 janvier dernier à profiter de la période électorale pour revendiquer haut et fort et tous azimuts.

– Pas un mot dans la réponse de Mme Duverly sur la mise en place de périmètres d’expérimentation de préemption de baux commerciaux. (Rappel : actuellement, la SEMAEST ne préempte que les commerces à vendre. Cela rend l’opération Vital’Quartier totalement inopérante pour une rue comme celle du Faubourg du Temple, où la bulle spéculative, repartie à la hausse, décourage toute vente de murs.) Cela reste une revendication à faire entendre.

– Concernant les principes (transition écologique, recherche d’une alternative à la grande distribution, halte à la politique de soutien municipal à la gentrification), Mme Duverly nous renvoie au mois de mars : « Les préconisations concernant la structure de gestion des locaux des immeubles gérés par les bailleurs seront publiées en mars selon les déclaration d’Anne Hidalgo. Nous verrons alors quelles réflexions en découleront. »

N’attendons pas jusque-là pour réfléchir de notre côté : au moyen d’arracher tout ce que faire se pourra à l’ouverture pré-électorale ou bien de nous passer, non pas de la politique, mais des politiques si décidément ils ne veulent pas nous entendre.

Tribune libre sur la ligne 11

Nous avons plusieurs fois répercuté sur la page ACTUS de ce blog les questions posées aux habitants que nous sommes par les travaux d’aménagement des stations Goncourt et Belleville liés au prolongement de la ligne 11 jusqu’à Rosny-sous-Bois – questions qui nous amènent, comme celles liées aux commerces à Bichat-Temple, à nous interroger sur le poids de notre voix dans les décisions concernant notre cadre de vie.

Le 4 janvier, une visite de la station Goncourt réunissant habitants et commerçants du quartier en présence de Christophe Servat, communiquant de la RATP, et de Sylvain Raifaud, maire-adjoint du 10e en charge de la démocratie locale, a abouti à un consensus :
– pour proposer la mécanisation d’une des sorties existantes de la station Goncourt desservant l’hôpital Saint-Louis du côté 10e ;
– pour demander 1° des précisions concernant l’emplacement de la sortie prévue sur le trottoir impair de la rue du Faubourg du Temple et le calage de la trémie de façon à n’obstruer aucune entrée (ni d’immeuble, ni de commerce) ; 2° une réflexion approfondie sur les problèmes de stationnement (livraisons, voitures et deux-roues) dans ce secteur de la rue du Faubourg du Temple, afin qu’ils ne soient pas aggravés par les nouvelles sorties.

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Pourtant, les travaux démarrent et la RATP n’est pas pressée de répondre.

Les élus se sont montrés un peu plus réactifs. Le 16 janvier, un vœu adopté à l’unanimité en Conseil d’arrondissement demandait :
– que soit étudiée par la RATP la possibilité d’équiper prioritairement la station Goncourt d’un escalier mécanique, vu sa proximité avec l’hôpital Saint-Louis ;
– que soit organisée une concertation entre la RATP, les services techniques de la ville et les riverains qui le souhaitent à propos des nouvelles sorties prévues et que soit étudiée la possibilité d’élargir le trottoir de la rue du Faubourg du Temple afin d’assurer une bonne circulation des flux piétons.
Mais : au cours de la discussion, Elise Fajgeles, maire adjointe du 10e en charge de la voierie (qui rend la RATP reponsable de la non-prise en compte d’une amélioration de l’accessibilité de la station Goncourt – inutile de dire que la RATP lui renvoie la balle), a affirmé qu’il est hors de question de rajouter un escalier mécanique aux travaux liés au prolongement de la ligne et que la chose ne pourrait être envisagée, au mieux, que « dans 2 ou 3 ans ». Pour les problèmes de voierie, la RATP  – toujours selon Mme Fajgeles – ne refuse pas de « retravailler avec les habitants », mais la concertation ne pourra intervenir qu’au moment de l’ouverture des nouvelles trémies. Alors qu’il sera trop tard pour changer quoi que ce soit…

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Justement, les questions de voierie se sont posées avec force lors de la seconde visite sur le terrain qui a réuni, le 10 janvier, à la station Belleville, autour de Christophe Servat et de Pierre Japhet, maire-adjoint du 11e en charge des transports, des habitants et des représentants du Conseil de quartier Saint-Louis Faubourg du Temple, rejoints par un voisin du Conseil de quartier Belleville dans le 20e. Nous publions ci-dessous le texte que nous a fait ensuite parvenir l’un des participants :

Station Belleville, le projet des nouveaux accès au métro prévu par la RATP est incohérent :

par rapport à l’accès à la ligne 11 :

  • Une bouche en sortie (pas d’entrée) desservant un seul quai,
  • Une bouche en entrée et sortie desservant l’autre quai,
  • Un escalator en sortie desservant ce même quai,

 

par rapport à la rue du Faubourg du Temple :

  • La bouche en sortie située côté impair de la rue (10e) est incohérente 1° avec le flux piétons sur ce trottoir étroit et très commerçant ; 2° avec la proximité de la cour de la Grâce de Dieu.
  • Aucun plan d’aménagement de la rue n’est étudié : sur le plan de la RATP, des traits de crayon montrent les déhanchements de trottoir provoqués par la station sans aucun travail d’ensemble.

 

Les habitants demandent que le projet de bouches de métro s’adapte au quartier et offre un meilleur accès au transport en commun, ce qui est possible !

  • Abandon de l’accès côté impair.
  • Création d’une galerie reliant la nouvelle bouche de métro prévue côté pair (11e) et les 2 quais de la ligne 11 : un passage sous la rue, comme celui existant plus haut près du boulevard.

 

Un projet pas plus cher mais respectueux du quartier et de ses commerçants et à la fois plus efficace pour les usagers du transport !

Cette galerie, même si elle est onéreuse à construire, permet de s’exonérer de l’aménagement de surface de la rue du Faubourg du Temple : les déhanchements de trottoir générés par l’accès côté impair, projet non étudié par la RATP et que la Ville de Paris semble découvrir ! L’escalator, qui dessert un seul quai, est-il d’ailleurs une nécessité ? Il impacte des commerces et coûte cher pour peu de services rendus.

 

Nous sommes surpris et même troublés qu’aucune étude sérieuse de voierie, aucun projet cohérent ne nous aient été présentés, alors même que le dévoiement des réseaux s’engage.

  • S’attaquer au tracé de la rue, c’est en régler les différents usages en surface – c’est  extrêmement difficile à concevoir compte tenu de l’imbrication des usages…
  • La rue du Faubourg du Temple, très commerçante, a un fonctionnement informel entre piétons, cyclistes, automobilistes et livreurs, qui peut être pérennisé si la nouvelle bouche de métro sur le trottoir étroit (10e) n’est pas créée mais mutualisée avec celle du 11e implantée sur un trottoir suffisamment large.

 

Pour répondre aux attentes de tous… :
un projet resserré avec un seul accès en entrée/sortie,
desservant la ligne 11 tant vers Châtelet que vers Rosny,
implantée sur le trottoir large de la rue du Faubourg du Temple.

Deux documents pour illustrer la solution proposée et faire avancer la réflexion :
Plan commenté de la RATP
Plan illustrant l’insertion du projet dans le quartier

Bilan à bémols bis

Le 27 novembre, les abonnés à la liste de diffusion Stopmonop ont reçu un compte rendu de la dernière réunion de la commission de validation de l’appel à candidatures du projet Bichat-Temple, convoquée le vendredi 25 pour faire l’état de l’entrée en location des commerces. Mis à jour et commenté, il peut introduire notre bilan 2016 :

La réunion s’est déroulée en petit comité, ni Stéphane Bettiol, adjoint au directeur général en charge des politiques patrimoniales et sociales, ni Jacques Larouzée, directeur territorial Nord-Est, n’ayant jugé utile de se déplacer.
On nous a informés que :

– La librairie (lots n° 2-3 : 45 bis rue du Fbg du Temple), seule pour l’instant à avoir signé un bail, espérait avoir terminé ses travaux à la fin de la semaine du 26 novembre (mais il restait des problèmes techniques à résoudre avec SFR et ErDF  reflet du fait qu’en partitionnant les 435 m2 initialement destinés au Monop, Paris Habitat ne s’est jamais senti tenu de rendre les espaces résultants viables). Une ouverture à la mi-décembre était théoriquement possible – pari tenu ; voir : https://www.facebook.com/librairielesnouveautes/ et notre post du 13 décembre. (Malheureusement, le rayon papeterie prévu dans le projet approuvé en octobre 2015, d’une utilité certaine pour tous les habitants du quartier ayant des enfants en âge scolaire, semble être passé à la trappe. Second bémol : l’entrée sur la rue Bichat prévue pour le lot n° 3, impraticable du fait du dénivelé du sol, va servir à la nouvelle librairie de réserve ; espérons, pour la librairie comme pour la rue, que le rideau de fer continuellement baissé n’attirera pas les comportements incivils.)

– Kelbongoo (lot n° 4 : 3 bis rue Bichat), dont on nous annonçait l’ouverture pour mars (voire, l’été dernier, dans la presse, pour « fin 2016 ») risque de n’ouvrir qu’à la mi-mai 2017. Les travaux de gros œuvre, pris en charge par Paris Habitat, ont débuté timidement le 7 novembre et repris sérieusement dans la semaine du 19 (voir page Photos). On nous avait parlé d’une durée de trois mois. Il semble maintenant que cette tranche de travaux ne puisse pas être achevée avant la mi-avril. C’est alors qu’aura lieu la signature du bail. Restera encore à Kelbongoo de finaliser le détail de son installation, ce qui nous amènera à la fin du printemps.

– Le sort de l’association ETM (lot n° 5 : en face du 10 rue Bichat) est entre les mains de la Mairie. Une subvention a été votée en Conseil d’arrondissement pour couvrir le coût de l’aménagement. Pour procéder à la signature du bail, Paris Habitat attendrait de connaître la date prévue pour le début des travaux (afin de faire bénéficier ETM, au maximum, de la période de franchise de loyer). Guy Patachek et Sylvie Lochet, représentant Paris Habitat, ont refusé (pour ce projet comme pour les autres) de nous communiquer le montant exact des loyers négociés au coup par coup. Dans le cas d’ETM, le loyer aussi sera couvert par des subventions. Espérons (contre tout espoir) que les subventions de la Ville ne serviront pas simplement à étayer la spéculation immobilière. (Guy Patachek a été ravi d’annoncer que les loyers dans la rue du Faubourg du Temple étaient repartis à la hausse, en même temps que sa collègue Sylvie Lochet se plaignait des idées que l’exemple du projet Bichat-Temple – la révision à la baisse, en faveur notamment du projet de « halle alimentaire » des loyers initialement alignés sur le haut de la fourchette du privé – semble avoir donné à d’autres candidats à des locaux du bailleur social.)

– Mauvaise nouvelle pour la « poissonnerie à manger » By Sou… (lot n° 1 : 43 rue du Fbg du Temple). Le porteur de projet, qui avait candidaté pour les lots n° 2-3, a dû faire refaire tous ses devis et son tour de table financier en passant sur le lot n° 1, d’où des retards. Guy Patachek dit attendre de sa part un dossier définitif en janvier 2017 et compter sur une ouverture « au printemps ». C’est ce projet qui implique les investissements les plus lourds (notamment pour l’extraction exigée par la cuisine) et qui aura le loyer le plus élevé. Malheureusement, dans son état actuel, le projet n’est plus du tout celui approuvé en octobre 2015. Le projet initial comportait 3 espaces : 1° espace poisonnerie « avec un étalage régulier de poissons frais, où les clients achètent du poisson frais entier ou déjà préparé » ; 2° espace restauration ; 3° espace épicerie fine et traiteur, où le chef comptait vendre notamment ses sauces. Dans la version finale, l’espace restauration a tout absorbé. Reste seulement un coin de comptoir pour la vente des sauces et du poisson préparé, c’est-à-dire (selon le résumé pertinent d’Hélène Duverly, conseillère d’arrondissement déléguée au Commerce et à l’artisanat) de sushi à emporter. Bref, il n’y aura pas de poissonnerie. Paris Habitat impute cela aux « normes », différentes pour un restaurant et pour une poissonnerie – sans doute, mais le porteur de projet était censé le savoir dès le départ, et cela n’explique pas que la balance ait penché du côté de la restauration plutôt que du commerce de bouche. Évidemment, la restauration est plus rentable – plus intéressante donc pour le bailleur. Dans l’état actuel, les représentants des habitants dans la commission de validation n’auraient pas  pu approuver le projet. Ce n’est pas un restaurant de plus (le quartier n’en manque pas) qui ramènera de l’alimentaire dans la rue. Au contraire. De l’avis des quelques commerçants traditionnels qui survivent tant bien que mal au milieu de la mono-activité vestimentaire, il aurait fallu installer dans le cadre du projet Bichat-Temple au moins deux commerces alimentaires pour créer un pôle d’attraction susceptible de renverser la fuite de la clientèle et d’amorcer une évolution positive. Pour le coup, c’est raté.

Le 27 novembre, notre message se terminait sur un « Merci, Paris Habitat ! » Nous avons aussitôt écrit, d’une part, aux responsables de Paris Habitat, pour suggérer un retour au projet initial de poissonnerie, en arguant que « l’installation d’un simple restaurant de plus dans ce tronçon de la rue du Faubourg du Temple qui, depuis le lancement de l’appel à candidatures, en a vu ouvrir trois 1° ne répond pas aux besoins du quartier ; 2° réintroduit, dans le cadre même de l’appel à candidatures, le principe regrettable qui fait des pieds d’immeuble HLM un simple variable d’ajustement financier sans prise en compte du contexte ; 3° risque même de fragiliser la situation de Kelbongoo, qui, relégué dans le local le plus problématique, apparaît plus que jamais comme le projet phare de l’appel », et aux élus EELV et PC qui nous ont soutenus depuis deux ans, en leur rappelant le chemin qui reste à parcourir pour que l’exemple de Bichat-Temple fasse réellement jurisprudence (tant pour l’encadrement des loyers à la baisse que pour la voix donnée en amont à l’expertise citoyenne des habitants). – Pas de réponse de la part des élus. Une fin de non-recevoir très nette de la part de Jacques Larouzée pour Paris Habitat. (Lire l’échange en page Documents.)

Pendant ce temps :
– la structure coopérative de type GIE dont la Mairie a annoncé la création en novembre 2015 pour « améliorer la gestion des rez-de-chaussée des bailleurs sociaux » (2015 DDEESS 277), selon la promesse que Ian Brossat nous avait faite en avril 2015, a été confiée à la délégation d’Olivia Polski, qui freine des quatre fers et semble déterminée à la faire servir, non pas à l’intérêt général des habitants, mais à la « montée en gamme » d’une gentrification qui ne dit pas son nom ;
– la même délégation bloque au niveau de l’Hôtel de Ville les demandes de création de périmètres de préemption des baux rendue possible par la loi Pinel et approuvé par le Conseil d’arrondissement du 10e en mars dernier ;
– un vœu présenté par le groupe EELV au Conseil de Paris à la séance du 26 septembre qui aurait favorisé la concertation dans le cadre du « Contrat de revitalisation commerciale et artisanale (ex-Vital’Quartier 3) – en même temps que les élus EELV et PC du 10e demandaient un bilan des activités de la SEMAEST dans l’arrondissement –  a été amendé par l’exécutif pour remplacer « concertation » par « compte rendu » ;  cela augure mal de la future activité de la Commission extra-municipale sur le commerce et l’artisanat (censée devenir l’organe de la concertation), dont on nous annonçait, début octobre, une nouvelle réunion qui ne semble pas près de se concrétiser
– dans le 20e, nos amis de l’association Carton Rouge (opposée au projet immobilier qui prévoit l’installation d’un Carrefour-Market de 1900 m2 au 92 avenue Gambetta), reçus par Olivia Polski le 15 décembre, avec d’autres associations de l’arrondissement, n’ont obtenu qu’une vague ouverture concernant les 500 m2 que le projet réserve au « petit commerce » et une promesse réitérée de ramener à 400 m2 le seuil de saisine de la CDAC (mesure dont le projet même du Carrefour atteste l’inefficacité et qui laissera le champ libre à la prolifération des « petites » surfaces de la grande distribution)

D’un autre côté :
– le Monop’ chassé de l’angle Bichat-Temple, dont nous avions signalé l’été dernier l’installation au 11-13 boulevard Jules Ferry, a fermé ses portes fin 2016 après moins de six mois d’existence – preuve que les habitants attendent bien autre chose que la multiplication des points de vente du trio Casino-Carrefour-Auchan ;
– la revendication d’une prise en compte de l’intérêt et de la parole des habitants dans l’évolution du tissu commercial parisien ne cesse de s’étendre ; nous avons été contactés par l’association Agir Solidairement pour le Quartier Popincourt qui cherche à fédérer des collectifs et associations dans tous les quartiers concernés par le « Contrat de revitalisation » pour « devenir partenaires de la SEMAEST EN AMONT » ; en perspective, une galette des Rois le samedi 14 janvier au nouveau restaurant d’Augustin Legrand dans le 11e (Le Bréguet) pour discuter le coup ;
– en perspective encore, une réunion publique sur le projet pour le 48 rue Ramponeau et 37 rue Bisson (défense de la métallerie Grésillon et, plus généralement, de l’artisanat à Belleville) le lundi 9 janvier à l’école du 38 rue de Tourtille (préparé par une réunion de la Commission Cadre de vie du Conseil de quartier Belleville au Relais de Ménilmontant, 85bis rue de Ménilmontant, le jeudi 5 à 19 h) ;
– le 31 décembre, l’émission « Chroniques syndicales » sur Radio libertaire (89,4 MHz) a réuni des représentants de Carton Rouge, de Stopmonop, du Groupe des 24.000 (mobilisé contre un projet spéculatif de construction de 24.000 m2 de bureaux dans le 3e), d’ASQP et du CRI, bien décidés à ne pas en rester là.

En période pré-électorale, on ne sait jamais ce qui peut devenir possible. Rendez-vous dans les mois à venir pour traduire dans les faits nos vœux pour un quartier vivant !