Échanges avec Paris Habitat

Depuis le 21 juillet, nous envoyons tous les jours ouvrables à nos interlocuteurs à la Mairie du 10e et au cabinet de Ian Brossat un mail contenant des photos des progrès du chantier et rappelant nos exigences. Depuis le 10 août, le premier destinataire de ces messages est Roger Madec, ancien maire PS du 19e arrondissement, qui a assumé au mois de juin les fonctions de président du bailleur social Paris Habitat. Le message qu’il a alors reçu (avec copie à Claude Vandevoorde, Marie-Pascale Arnaudet et Antoine Savatier de Paris Habitat, ainsi qu’à Ian Brossat, Rémi Féraud, Dante Bassino, Sylvain Raifaud et Léa Vasa), était conçu ainsi :

Cher Monsieur,

Après de nombreux échanges avec les élus du 10e arrondissement, le cabinet d’Ian Brossat et, avec un peu moins de retour, les responsables du projet dans vos services, je vous écris directement en votre qualité de président de Paris Habitat, de la part du Collectif Stopmonop, réunissant des habitants et usagers du quartier du Faubourg du Temple qui, depuis le printemps 2011, protestent contre l’attribution alors annoncée des locaux à vocation commerciale dans la résidence en objet, notamment contre le fait de réserver une grande surface (430 m2) à une enseigne de la grande distribution. Notre opposition se fonde à la fois sur l’inadéquation des commerces prévus avec les besoins du quartier (et des futurs occupants des logements sociaux) et sur la question de principe du financement du logement social par des rez-de-chaussée, obéissant à une logique économique de rentabilité à courte vue qui risque à terme de compromettre le caractère social même de la mission des bailleurs sociaux.

C’est parce que nous apprécions et soutenons les éléments du projet qui servent réellement l’intérêt général (les logements sociaux et la crèche) que nous avons demandé à nos élus de reconsidérer l’attribution des locaux commerciaux et de saisir cette occasion de ramener la vie dans le quartier tout en respectant son caractère populaire : de se prévaloir donc des pouvoirs qui sont les leurs pour faire du rez-de-chaussée de la nouvelle résidence un exemple contribuant à enrayer la spirale de la hausse des loyers fatale au commerce de proximité et à favoriser de nouveaux modes de distribution (et de consommation), à même de concilier la qualité de l’offre et la modicité des prix. L’occasion ne se reproduira certainement pas de sitôt dans ce secteur de la rue du Faubourg du Temple (zone de protection particulière de l’artisanat d’après le PLU actuellement en vigueur) que la monoactivité de la confection bas de gamme a fait rebaptiser « rue des Rideaux-Fermés ».

Après une question de pré-Conseil posée pour le collectif par le conseil de quartier Saint-Louis / Faubourg du Temple au Conseil d’Arrondissement du 30 juin dernier, Rémi Féraud et ses adjoints nous ont assuré de leur appui et dit avoir fait une démarche auprès de Paris Habitat pour « demander à l’architecte la possibilité de fractionner la surface, ce qui […] permettrait de positionner à cet endroit plutôt des petits commerces de proximité qu’une grande surface ». Avant-hier encore, Ian Brossat m’a réitéré, dans une conversation téléphonique, son soutien à cette demande.

Le travail sur le chantier a démarré au mois de février et avance un peu plus tous les jours. Pourtant, le collectif attend toujours d’être informé de la solution retenue (la proposition de l’Atelier Chemetoff, évoquée par Mme Arnaudet, de découper la grande surface de 430 m2 en deux locaux seulement, l’une de 60 m2 sur la rue Bichat, l’autre de 370 m2, qui demeurerait a priori inaccessible à un projet d’activité autre que la grande distribution, est effectivement tout à fait insatisfaisante et ne résoudrait pas les problèmes qui ont suscité l’opposition des riverains) et, en attendant, de recevoir au moins quelques mots confirmant noir sur blanc l’engagement de renoncer à réserver une partie du RDC de la résidence en construction à une enseigne de la grande distribution et de procéder à une partition de la grande surface qui rendra possible des projets commerciaux ou d’activités plus à l’écoute des véritables besoins du quartier.

Nous avons rendez-vous avec Anthony Leroi, chef de cabinet de Ian Brossat, le mardi 26 août, mais d’ici là le chantier ne chômera pas. Or, il nous semble essentiel de procéder aux modifications des plans tant que la partition est encore possible sans engager de frais importants. Nous vous prions donc de bien vouloir vous pencher sur la question et d’intervenir afin de faire donner rapidement satisfaction aux demandes relayées par nos élus.

Mardi dernier, 2 septembre, le message était plus urgent encore :

Les photos que je vous envoie aujourd’hui (vous en trouverez d’autres encore sur notre blog : https://stopmonop.wordpress.com/les-photos/) renforcent malheureusement les inquiétudes dont je vous ai fait part hier : après l’accalmie relative du mois d’août, le chantier a repris son rythme de croisière et avance très vite. Après les fondations hier, on a commencé aujourd’hui a couler les éléments verticaux du niveau -1 sur la partie de la parcelle correspondant aux futurs commerces (en repère N parallèle à la rue du Faubourg et entre les repères K et L parallèle à la rue Bichat), éléments qui détermineront l’emplacement des poutres destinées à soutenir la dalle du rez-de-chaussée et, si les modifications de l’altimétrie n’ont pas été communiquées à l’entreprise (ce qui semble probable, dans la mesure où l’architecte ne doit remettre les plans modifiés que sous quinzaine), risquent donc de rendre plus difficile la partition de la grande surface.

Comme je suis persuadée de la bonne foi de nos interlocuteurs à l’Hôtel de Ville, je ne peux conclure qu’à un problème de transmission des consignes (ne rien faire qui puisse compromettre la partition de la grande surface en attendant que l’Atelier Chemetoff ait achevé le travail de révision des plans) entre le maître d’ouvrage, l’architecte et l’entreprise et que vous prier de la résoudre d’urgence.

Par la même occasion, bien sûr, je vous demande encore une fois de bien vouloir ne pas démentir nos élus, ne pas encourager nos voisins dans leur rejet global de la sphère politique, mais de bien vouloir nous accorder au moins deux mots confirmant noir sur blanc

– le renoncement tant au Monop’ qu’à toute autre enseigne de la grande distribution
– et le fractionnement de la grande surface avec modulation des loyers de façon à rendre possibles des projets plus innovateurs (« halle alimentaire ») et plus à l’écoute des véritables besoins du quartier (tant des habitants et usagers actuels que des futurs occupants des logements sociaux)

cela, dans la perspective de l’organisation d’une consultation large des habitants et usagers du quartier, avec la participation de Paris Habitat et des élus du 10e, sur l’attribution des locaux à vocation commerciale ou d’activités en pied de l’immeuble en construction.

En vous remerciant de votre écoute

Aujourd’hui, jeudi 4 septembre, 8 jours après notre rencontre avec Ian Brossat, 8 jours avant la remise prévue des plans enfin modifiés, nous avons reçu par la poste une réponse de Roger Madec, datée elle aussi du 2 septembre :

CourrierdeRogerMadec.2.9.2014

L‘art de ne répondre ni aux mots ni aux attentes…

Dans l’attente du rendez-vous prévu pour la fin de la semaine prochaine que nous persistons à espérer plus productif.

Mise à jour du 5 septembre :

Mal à l’aise face à la bienveillance vague du courrier de Roger Madec, nous avons adressé aujourd’hui notre mail quotidien plus particulièrement à Stéphane Dambrine, directeur général de Paris Habitat, que nous avons essayé aussi de joindre par téléphone – sans succès. En revanche, M. Dambrine a répondu par un mail qui témoigne enfin d’un engagement ferme allant dans le sens du discours de Ian Brossat et de ce que le collectif demande depuis des mois :

Bonsoir,
 
Comme vous l’avait indiqué Mr Brossat nous avons demandé à M. Chemetoff d’étudier le fractionnement des surfaces commerciales ceci afin de permettre d’autres possibilités qu’une moyenne surface alimentaire .
Cet exercice est rendu difficile car  comme vous l’ avez constaté il y a des différences de niveaux importantes d’une part et d’autre part, il convient de veiller à ce que les surfaces créées soient commercialement viables c’est à dire qu’elles disposent de vitrines suffisantes.
Nous nous sommes bien sûr assurés que l’avancement du chantier ne compromettrait pas la mise ne œuvre des propositions de l’architecte .
En ce qui concerne le choix des commerces il conviendra de se concerter le moment venu, en recherchant un consensus le plus large possible, sachant que je ne peux totalement ignorer les paramètres économiques qui ont été retenus lors du montage de ce projet.
Je me permets de vous rappeler que Paris Habitat est un organisme HLM  à but non lucratif et que les excédents qu’il peut dégager de ses activités annexes ( dont celles de gestion de locaux commerciaux ) sont intégralement affectés au bénéfice de son patrimoine ou à la réalisation de nouveaux logements sociaux.
 
Cordialement
 
Stéphane dambrine

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